‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 217 sur 446 · MAINS · texte numérisé non relu

MAINS

O spectacle funeste!

▲ IVTOIIVE.

Du plus grand des Romains voilà ce qui voiu reste;

Voilà ce dieu vengeur, idolâtré par vous,

Que ses assassins même adoraient à genoux ;

Qui , toujours votre appui dans la paix , dans la guerre ,

Une heure auparavant fesait trembler la terre;

Qui devait enchaîner Babylone à son char :

Amis , en cet état connaissez-vous César ?

Vous les voyez ^ Romains , vous touchez ces blessures ,

Ce sang qu'ont sous vos yeux versé des mains parjures.

Là , Cimber Ta frappé ; là , sur le grand. César

Cassius et Décime enfonçaient leur poignard.

Là, Bru tus éperdu, Brutus , l'âme égarée,

A souillé dans ses flancs sa main dénaturée.

César, le regardant d'un œil tranquille et doux ,

Lui pardonnait encore en tombant sous ses coups.

Il l'appelait son fils, et ce nom cher et tendre

Est le seul qu'en mourant César ait fait entendre :

« O mon fils! » disait*il.

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