‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 263 sur 446 · SCÈNE IL ALVAKEZ, MONTÈZE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ALVAKEZ, MONTÈZE

ALVAEBZ.

Eh bien ! votre sagesse et votre autorité Ont d'Ahire en effet fléchi la volonté?

MOHVXZB.

Père des malheureux, pardonne si ma fille, ' Dont Gusman détruisit l'empire et la fiimille^ Semble éprouver encore un reste de terreur. Et d'un pas chancelant marche vers son vainqueur. Les nœu(]|s qui vont unir l'Europe et ma patrie, Ont révolté ma fille en ces climats nourrie ; Mais tous les préjugés s'effacent à ta voix : Tes mceurs nous ont appris à révérer tes lois. C'est par toi que le ciel à nous s'est fait connaître; Notre esprit éclairé te doit son nouvel être. Sous le fer castillan ce monde est abattu ;

34o ALZIRE,

Il cède à la puissance, et nous à la vertu.

De tes concitoyens la rage impitoyable

Aurait rendu comme eux leur Dieu même haïssable :

Nous détestions ce Dieu qu'annonça leur fureur ;

Nous Taimons dans toi seul, il s*est peint dans ton œur.

Voilà ce qui te donne et Montèze et ma fille ;

Instruits par tes yertus , nous sommes ta Êimille.

Sers-lui long-temps de père, ainsi qu'à nos ëuts.

Je la donne à ton fils , je la mets dans ses bras ;

Le Pérou, le Potoze, Alzire est sa conquête :

Va dans ton temple auguste en ordonner la fête :

Va, je crois voir des cieux les peuples étemels

Descendre de leur sphère , et se joindre aux morteb*

Je réponds de ma fille; elle va reconnaître

Dans le fier don Gusman son époux et son maître.

ALVAREZ

Ah ! puisque enfin mes mains ont pu former ces nœuds , Cher Montèze, au tombeau je descends trop heureux. Toi, qui nous découvris ces immenses contrées, Rends du monde aujourd'hui les bornes éclairées : Dieu des chrétiens, préside à ces vœux solennels, Les premiers qu'en ces lieux on forme à tes auteb : Descends, attire à toi F Amérique étonnée! Adieu, je vais presser cet heureux hyménée : Adieu , je vous devrai le bonheur de mon fils.

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