SCÈNE IL ALVAKEZ, MONTÈZE
ALVAEBZ.
Eh bien ! votre sagesse et votre autorité Ont d'Ahire en effet fléchi la volonté?
MOHVXZB.
Père des malheureux, pardonne si ma fille, ' Dont Gusman détruisit l'empire et la fiimille^ Semble éprouver encore un reste de terreur. Et d'un pas chancelant marche vers son vainqueur. Les nœu(]|s qui vont unir l'Europe et ma patrie, Ont révolté ma fille en ces climats nourrie ; Mais tous les préjugés s'effacent à ta voix : Tes mceurs nous ont appris à révérer tes lois. C'est par toi que le ciel à nous s'est fait connaître; Notre esprit éclairé te doit son nouvel être. Sous le fer castillan ce monde est abattu ;
34o ALZIRE,
Il cède à la puissance, et nous à la vertu.
De tes concitoyens la rage impitoyable
Aurait rendu comme eux leur Dieu même haïssable :
Nous détestions ce Dieu qu'annonça leur fureur ;
Nous Taimons dans toi seul, il s*est peint dans ton œur.
Voilà ce qui te donne et Montèze et ma fille ;
Instruits par tes yertus , nous sommes ta Êimille.
Sers-lui long-temps de père, ainsi qu'à nos ëuts.
Je la donne à ton fils , je la mets dans ses bras ;
Le Pérou, le Potoze, Alzire est sa conquête :
Va dans ton temple auguste en ordonner la fête :
Va, je crois voir des cieux les peuples étemels
Descendre de leur sphère , et se joindre aux morteb*
Je réponds de ma fille; elle va reconnaître
Dans le fier don Gusman son époux et son maître.
ALVAREZ
Ah ! puisque enfin mes mains ont pu former ces nœuds , Cher Montèze, au tombeau je descends trop heureux. Toi, qui nous découvris ces immenses contrées, Rends du monde aujourd'hui les bornes éclairées : Dieu des chrétiens, préside à ces vœux solennels, Les premiers qu'en ces lieux on forme à tes auteb : Descends, attire à toi F Amérique étonnée! Adieu, je vais presser cet heureux hyménée : Adieu , je vous devrai le bonheur de mon fils.