‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 264 sur 446 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MONTÈZE, ALZIRE.

IIOHTBZB.

Ma fille, il en est temps, consens à ton bonheur ; Ou plutAt, si ta foi, si ton cœur me seconde, Par ta félicité fais le bonheur du monde : Prot^e les vaincus , commande à nos vainqueurs , Éteins entre leurs mains leurs foudres destructeurs ? Remonte au rang des rois, du sein de la misère; Tu dois à ton état plier ton caractè^ : Prends un cœur tout nouveau ; viens , obéis , suis*moi ,, Et renais espagnole, en renonçant à toi. Sèche tes pleurs, Alzire, ils outragent ton père.

▲ LZiaB.

.Tout mon sang est à vous; mais si je vous suis chère, Tojez mon désespoir, et lisez dans mon cœur»

MOITTEZB.

Non, je ne veux plus voir ta honteuse douleur : J'ai reçu ta parole, il faut qu'on l'accomplisse.

▲ LZIRB.

Vous m'avez arraché eet affireux sacrifice.

Mais quel temps, justes cieux, pour engager ma foi!

Voici ce jour horrible où tout périt pour moi.

Où de ce fier Gusman le fer osa détruire

Des enfains du soleil le redoutable empire.

Que ce jour est marqué par des signes affireux !

MONTEZE.

Nous seuls rendons les jours heureux ou malheureux. Quitte un vain préjugé, l'ouvrage de nos prêtres, Qu'à nos peuples grossiers ont transmis nos ancêtres.

34i> ALZIRE,

ALZIRB.

Au mjline Jour, hélas ! le vengeur de Fétat, Zamore^ mon espoir, périt dans le combat; Zamore, mon amant, choisi pour votre gendre î

XONTÈZB.

J*ai donné comme toi des larmes à sa oenidre; Les morts dans le tombeau n'exigent point de ùn^ Porte, porte aux autels un oœur mattie de soi ; D'un amour insensé pour des cendres éteintes Commande à ta vertu d*écarter les atteintes. Tu dois ton âme entière à la loi des chrétiens; Dieu t'ordonne par mm de former ces liens : Il t'appelle aux autels, il règle ta conduite; Entends sa voix.

▲LSIUB.

Mon père, où m'avez-vous réduite?

Je saift ce qu'est un père, et quel est son pouvoir : M'immoler quand il parle est mon premier devoir, Et mon obéissance a passé les limites Qu*à ce devoir sacré la nature a prescrites. Mes yeux n'ont jusqu'ici rien vu que par vos yeux , Mon cœur changé par vous abandonna ses dieux ; Je ne r^rette point leurs grandeurs terrassées , Devant ce Dieu nouveau comme nous abaissées. Mais vous, qui m'assuriez, dans mes troubles cruels, Que la paix habitait au pied de ses autels, Que sa loi, sa morale, et consolante et pure. De mes sens déscdés guérirait la blessure, Vous trompiez ma faiblesse. Un trait toujours vainqueur Dans le sein de ce Dieu vient déchirer mon cœur : Il y porte une image à jamais renaissante ; Zamore vit encore au cœur de son amante.

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