ACTE IV, SCENE ÏV
MOHADIR.
Sa valear malheureuse A cherché Tainement une mort glorieuse:
Lassé, couvert de sang, Tesclave révolté Est tombé dans les mains de son maître irrité. Je ne vous nîrai point que son coeur magnanime Sepiblait justifier les fautes de Zulime. Madame, je l'ai vu, maître de son courroux, Respecter votre père, en détourner ses coups : Je l'ai vu, des siens même arréunt la vengeance. Abandonner le soin de sa propre défense.
ZULIICB.
Lui!
XOHADIR.
Cependant on dit qu'il nous a trahis tous; Qu'il trompait à la fois et Bénassar et vous. Mais, sans approfondir tant de sujets d'alarmes, Sans plus empoisonner la source de vos larmes, Il faut de votre père obtenir un pardon ; Il le fiiut mériter. Je vais en votre nom Des rebelles armés poursuivre ce qui reste: Terminons sans retour un trouble si funeste. Zulime, avec un père il n'est point de traité; Votre repentir seul est votre sûreté :
La nature dans lui reprendra son empire. Quand elle aura dans vous triomphé de Ramire.
ZULIMB.
n me suffit : je sais tout ce que j'ai commis, Et combien de devoirs en un jour j'ai trahis. Aux pieds de Bénassar il faut que je me jette : Hâtons-nous.
XOHJLDIR.
Retenez cette ardeur indiscrète;
55a ZULIME,
Gardez en ce moment de tous y présenter.
ZULIMB.
Mohadir, et c est vous qui m'osez arrêter?
MOHJlBIE.
Respectez la défense heureuse et nécessaire
D'un père au désespoir, et d'un mattre en colère:
Vous devez obéir, et surtout épai^ner
Sa blessure trop vive et trop prompte à saigner*
Il TOUS aime, il est vrai; mais, après tant d'injures.
Si vos ressentimens s'écbappaient en murmures.
Frémissez pour vous-même; un aCEront si cruel
Serait le dernier coup à ce cœur paternel ;
Dans Bamire et dans vous il confondrait peut-être...
zirctMB.
Osez-vous bien penser que je protège un traître?
MOHADIR.
Madame, pardonnez un injuste soupçon; 'Votre âme détrompée a repris sa rabon: Je le vois, et je cours, en serviteur fidèle, Apprendre à Bénassar le succès de mon zèle : Daignez de sa justice attendre ici l'efiét.