‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 412 sur 446 · ACTE IV, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE V

ZUI.IKB.

Dieu ! qu*Atide est coupable !

SBBAMB. /

Tous deux seront punis : ne songez plus qu'à vous; D*un père infortuné désarmez le courroux ; Détournez....

ZUI.IXB.

Il ne voit en moi qu'une ennemie; Il ne sait point, hélas! combien je suis punie: Mon châtiment, Sérame , est dans mes attenuts; J'étais dénaturée, et j*ai fait des ingrau«

SBBAMB.

Eh bien ! de leurs forfaits séparez votre cause: Quelque punition qu'un père se propose , Aux traits de son courroux son sang doit échapper, Et sa main s'amollit sur le point de frapper. Obtenez qu'il vous voie, et votre grâce est sûre; Unissez-vous à lui pour venger son injure; Abandonnez les jours justement menacés De ce parjure amant qu'enfin vous haïssez.

ZULIMB.

De Ramire !

SiBAME.

De lui. Son indigne artifice Vous fesait sa victime, ainsi que sa complice.

ZULIMB.

Je ne le sais que trop. Hélas ! que de fi)rfrits !

SBBJLXB.

Que j'aime à voir vos yeux dessillés pour jamais ! Des pleurs que vous versiez sa vanité s'honore : Il vous trompe, il vous hait.

ZVLIMB.

Sérame , je l'adore. (3)

5St ZULIME,

SBRAMB.

Qui? vous!

Un dieu barbare assemble dans mon cœur L'excès de la faiblesse et celui de Thorreur : C'est en vain que j'ai cru triompher de moi-même ; Je déteste mon crime , et je sens que je Taime. Je n'y résiste plus : ce poison détesté , Par mes tremblantes mains aujourd'hui rejeté, De toutes les fureurs m'embrase et me déchire , Au bord de mon tombeau j'idolâtre Ramîre. Tel est dans les replis de ce cœur dévoré Ce pouvoir malheureux d^ moi-même abhorré, Que si , pour couronner sa lâche perfidie , Ramire en me quittant eût demandé ma vie ; S'il m'eût aux pieds d'Atide immolée en fuyant; S'il eût insulté même à mon dernier moment, Je l'eusse aimé toujours, et mes mains défaillantes Auraient cherché ses mains de mon sang dégouttantes. Quoi ! c'est ainsi que j'aime , et c'est moi qu'il trahit ! Et c'est moi qui le perds ! c'est par moi qu'il périt 1 Non.... je le sauverai , le parjure que j'aime , Dût-il me détester, et m'en punir lui-même» Mais Atide est aimée !

Page 1