‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 422 sur 446 · ACTE V, SCEWE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCEWE III

Ce jour même y en ces lieux , de céder ition amant; Tai promis de servir votre fatale flamme : Le serment est,af&eux, tous le sentez, madame ! Renoncer à Ramire, et le voir en vos bras, C'est an effort trop grand, vous ne l'espérez pas: Mais je vous ai juré d'\mmoler ma tendresse ; Il n'est qu'un seul moyen de tenir ma promesse , Il n'est qu'un seul moyen de céder mon époux. Le Toici.

( Elle tire un poigaard pour se tuer. )

R A M I R £ , la désarmant avec Zulime.

Chère Atide !

ZUIilME, se saisissant du poignard.

O ciel ! que faites- vous ?

BENASSA.R.

Hélas ! vivez pour lui.

Suis-je assez confondue?

Tu l'emportes, cruelle, et Zulime est vaincue. Oui , je le suis en tout. J'avoue avec horreur Que ma rivale enfin mérke son bonheur.

(à Atide.)

J*admire en périssant jusqu'à ton amour même: C'est à moi de mourir, puisque c'est toi qu'on aime.

( à Ramire et à Atide. )

Eh bien ! soyez unis ; eh bien ! soyez heureux Aux dépens de ma vie, aux dépens de mes feux, Éloignez*vous , fuyez, dérobez à ma vue Ce spectacle effrayant d'un bonheur qui me tue. Votre joie est horrible , et je ne puis la voir : Fuyez , craignez encor Zulime au désespoir. Mon père, ayez pitié du moment qui me reste; Sauvez mes yeux mourans d'un spectacle funeste^. (Elle tombe sur sa confidente.)

ATIDE.

Nos deux cœurs sont à vous.

RAMIHB.

Yiret sans nous haïn

ZVLIHB.

Moi , te haïr ; cruel ! ah ! laisse-moi mourir ! Va , laisse-moi.

BBNASSAR.

Ma fille, objet funeste et tendre, Mérite enfin 1^ pleurs que tu nous fais répandre.

Mon père , par pitié , n*approchez point de moi. J^abjure un lâche amour ; il triompha de moi : Hélas ! TOUS n'aurez plus de reproche à me faiire.

BÉNASSAR.

Mon amitié t'attend , mon cœur s'ouvre.

O mon père !

J'en suis indigne.

(Elle se frappe.)

BÉHASSAR.

O ciel !

RAMtRE et ATIDE.

Zulime ! 6 désespoir !

BÉNASSAR.

Ah , ma fille !

A la fin j'ai rempli mon devoir.

Je l'aurais dA plus tôt.... Pardonnez à Zulime.... Souyenez-Yous de moi; mais oubliez mon crime.

NOTES DE ZUHME.

(i) PuàDiiB dit dans Racine :

Hélas ! dn crime affreux dont la honte me soit » Jamais mon triste ccenr n'a recueilli le fruit.

(9) Imitation de ces vers de BéréUee :

Eh quoi ! tous me jures une femelle ardem^^ ,

Et TOUS me la jurez arec cette froideur !

Pourquoi même du ciel attester la puissance ?

Faut-il par des sermens Taincre ma défiance?

Mon cœur ne prétend point , seigneur , vonar démentir ;

Et je vous en croirai sur on simple soupir.

(3) On trouve le même monyement dans Zaïre : Corasmin , je Tadore encor plus que jamais.

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