ACTE V, SCEWE III
Ce jour même y en ces lieux , de céder ition amant; Tai promis de servir votre fatale flamme : Le serment est,af&eux, tous le sentez, madame ! Renoncer à Ramire, et le voir en vos bras, C'est an effort trop grand, vous ne l'espérez pas: Mais je vous ai juré d'\mmoler ma tendresse ; Il n'est qu'un seul moyen de tenir ma promesse , Il n'est qu'un seul moyen de céder mon époux. Le Toici.
( Elle tire un poigaard pour se tuer. )
R A M I R £ , la désarmant avec Zulime.
Chère Atide !
ZUIilME, se saisissant du poignard.
O ciel ! que faites- vous ?
BENASSA.R.
Hélas ! vivez pour lui.
Suis-je assez confondue?
Tu l'emportes, cruelle, et Zulime est vaincue. Oui , je le suis en tout. J'avoue avec horreur Que ma rivale enfin mérke son bonheur.
(à Atide.)
J*admire en périssant jusqu'à ton amour même: C'est à moi de mourir, puisque c'est toi qu'on aime.
( à Ramire et à Atide. )
Eh bien ! soyez unis ; eh bien ! soyez heureux Aux dépens de ma vie, aux dépens de mes feux, Éloignez*vous , fuyez, dérobez à ma vue Ce spectacle effrayant d'un bonheur qui me tue. Votre joie est horrible , et je ne puis la voir : Fuyez , craignez encor Zulime au désespoir. Mon père, ayez pitié du moment qui me reste; Sauvez mes yeux mourans d'un spectacle funeste^. (Elle tombe sur sa confidente.)
ATIDE.
Nos deux cœurs sont à vous.
RAMIHB.
Yiret sans nous haïn
ZVLIHB.
Moi , te haïr ; cruel ! ah ! laisse-moi mourir ! Va , laisse-moi.
BBNASSAR.
Ma fille, objet funeste et tendre, Mérite enfin 1^ pleurs que tu nous fais répandre.
Mon père , par pitié , n*approchez point de moi. J^abjure un lâche amour ; il triompha de moi : Hélas ! TOUS n'aurez plus de reproche à me faiire.
BÉNASSAR.
Mon amitié t'attend , mon cœur s'ouvre.
O mon père !
J'en suis indigne.
(Elle se frappe.)
BÉHASSAR.
O ciel !
RAMtRE et ATIDE.
Zulime ! 6 désespoir !
BÉNASSAR.
Ah , ma fille !
A la fin j'ai rempli mon devoir.
Je l'aurais dA plus tôt.... Pardonnez à Zulime.... Souyenez-Yous de moi; mais oubliez mon crime.
NOTES DE ZUHME.
(i) PuàDiiB dit dans Racine :
Hélas ! dn crime affreux dont la honte me soit » Jamais mon triste ccenr n'a recueilli le fruit.
(9) Imitation de ces vers de BéréUee :
Eh quoi ! tous me jures une femelle ardem^^ ,
Et TOUS me la jurez arec cette froideur !
Pourquoi même du ciel attester la puissance ?
Faut-il par des sermens Taincre ma défiance?
Mon cœur ne prétend point , seigneur , vonar démentir ;
Et je vous en croirai sur on simple soupir.
(3) On trouve le même monyement dans Zaïre : Corasmin , je Tadore encor plus que jamais.
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