‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 424 sur 446 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

* Ah ! je succombe , Atide, et ce coeur désolé Cède aux tonrmens honteux dont il est accablé. Tu sais ce que j'ai fait et ce que je redoute.; Tu vob ce que Ramire et mon penchant me coûte.

L'amour qui me eonduit sor ces fon^stet bordi ,

Ne m'a Util jdsqu^ici Mottr que des remofds«

Je ne me cache point md honte et mon ptffjate ;

J*outrage mes atenxy j'offense la mtore }

Mais Ramire expirait f et von» alliez péiir }

Quoi qu'il en ait coûté, j*«i dà voiu secourir.

Le fier Egyptien , dont l'crgneil tém^aire

Domine insolemment dans l'éttt de mon père.

Sur Ramire et sur vous était prêt k venger

Nos soldats, qu'à Valence on venait â*égotgeité

Des nations , dit-on , tel est le droit horrible.

La vengeance parlait ; mon père , en tain sensilile ,

I<aissait ployer bientôt sa fiùble autorité

Sous le poids malheureux de ce droit détesté*

Les autels et les lois demandaient votre vie :

Vous savez si la mienne à la vôtre est unie I

L'amitié dont mon cœur au vôtre étidt lié ,

I/amour, plus fort que tcmt , plus grand que Tarnîtié,

Votre danger , ma crainte , héla« ! si Ton m'accuae ,

* Voilà tous mes forfaits , mais voilà mon excuse.

Si j'ai trahi mon pèfe et quitté ses états ,

Ciel qui me connaissez , ne m'en punissez pas I

ATtAft.

Mais Ramire en est digne , il pourra désormais Payer d'un digne prix vos augustes bienfaits. Son destin chez lea siens l'appelle au rang suprême ; Et puisque vous l'aimez....

ZUZ.IltB.

Atide I si je l'aime !

Tu ne l'ignorais pas : t'ai-je jamais caché Les secrets de ce caur que lui seul a touché ? Je corrigeai le sort qui te fit ma captive ; Tu sais si j'enhardis ton amitié craintive ; Si , fuyant de mon rang la dure austérité , Ma tendresse entre nous remit l'égalité. Nos cœurs se confondaient ; tu vis naître en mon âme Les traits mal démêlés de ma secrète flamme. Ton œil vit avant moi de tant d^égaremens La première étincelle et les embrasemens. Que n'cttssé-je point fait pour conserver Ramire ?

PalMndonne pour lai , etc.

* J'ai tort y je te l'aTone : il a dû s'écarter.

Mais poiirqnoi si long-temps ae plaire à m'ériter ? Je ne Tacènse point » mais mon ccsttr en mnrmare.

ATtDK.

Je sais trop qa*un conseil est sourent une iDJore ; Mais n*est-il point permis de yons représenter Que sur ces bords aflrenx , qu'il est temps de quitter , *Tant d'amour, tant de crainte et de délicatesse^

* Conviennent mal peut-être au péril qui nous presse : Qu'un moment peut nous perdre et rayir tout le prix

* De tant d'heureux travaux par l'amour entrepris : Qu'entre cet océan , ces rochers et l'armée ,

* Ce jour, ce même jour peut vous voir enfermée ; Et que de tant d'amour un cœur toujours troublé , Sur ses vrais intérêts est souvent aveuglé ?

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