SCÈNE IL
* Ah ! je succombe , Atide, et ce coeur désolé Cède aux tonrmens honteux dont il est accablé. Tu sais ce que j'ai fait et ce que je redoute.; Tu vob ce que Ramire et mon penchant me coûte.
L'amour qui me eonduit sor ces fon^stet bordi ,
Ne m'a Util jdsqu^ici Mottr que des remofds«
Je ne me cache point md honte et mon ptffjate ;
J*outrage mes atenxy j'offense la mtore }
Mais Ramire expirait f et von» alliez péiir }
Quoi qu'il en ait coûté, j*«i dà voiu secourir.
Le fier Egyptien , dont l'crgneil tém^aire
Domine insolemment dans l'éttt de mon père.
Sur Ramire et sur vous était prêt k venger
Nos soldats, qu'à Valence on venait â*égotgeité
Des nations , dit-on , tel est le droit horrible.
La vengeance parlait ; mon père , en tain sensilile ,
I<aissait ployer bientôt sa fiùble autorité
Sous le poids malheureux de ce droit détesté*
Les autels et les lois demandaient votre vie :
Vous savez si la mienne à la vôtre est unie I
L'amitié dont mon cœur au vôtre étidt lié ,
I/amour, plus fort que tcmt , plus grand que Tarnîtié,
Votre danger , ma crainte , héla« ! si Ton m'accuae ,
* Voilà tous mes forfaits , mais voilà mon excuse.
Si j'ai trahi mon pèfe et quitté ses états ,
Ciel qui me connaissez , ne m'en punissez pas I
ATtAft.
Mais Ramire en est digne , il pourra désormais Payer d'un digne prix vos augustes bienfaits. Son destin chez lea siens l'appelle au rang suprême ; Et puisque vous l'aimez....
ZUZ.IltB.
Atide I si je l'aime !
Tu ne l'ignorais pas : t'ai-je jamais caché Les secrets de ce caur que lui seul a touché ? Je corrigeai le sort qui te fit ma captive ; Tu sais si j'enhardis ton amitié craintive ; Si , fuyant de mon rang la dure austérité , Ma tendresse entre nous remit l'égalité. Nos cœurs se confondaient ; tu vis naître en mon âme Les traits mal démêlés de ma secrète flamme. Ton œil vit avant moi de tant d^égaremens La première étincelle et les embrasemens. Que n'cttssé-je point fait pour conserver Ramire ?
PalMndonne pour lai , etc.
* J'ai tort y je te l'aTone : il a dû s'écarter.
Mais poiirqnoi si long-temps ae plaire à m'ériter ? Je ne Tacènse point » mais mon ccsttr en mnrmare.
ATtDK.
Je sais trop qa*un conseil est sourent une iDJore ; Mais n*est-il point permis de yons représenter Que sur ces bords aflrenx , qu'il est temps de quitter , *Tant d'amour, tant de crainte et de délicatesse^
* Conviennent mal peut-être au péril qui nous presse : Qu'un moment peut nous perdre et rayir tout le prix
* De tant d'heureux travaux par l'amour entrepris : Qu'entre cet océan , ces rochers et l'armée ,
* Ce jour, ce même jour peut vous voir enfermée ; Et que de tant d'amour un cœur toujours troublé , Sur ses vrais intérêts est souvent aveuglé ?