ACTE I, SCENE I. 5r
Ni serrir, ni tniler, ni changer qu'avec lui. Le malbeur de nos temps, nos discordes sinistties, Charles ({ui s'abandonne à d'indignes ministres, Dans ce cruel parti tout l'a précipita; Je ne peux à mon choix fléchir sa Tolonté. J'ai souvent, de son cœur aij^issant les Messures, Révolté sa fierté par des vérités dures : Vous seule, à votre roi le pourriez rappeler, Madame, et c'est de quoi je cherche à vtyai parler. J'aspirai jusqu'à vous, avant qu'aux liiurs de Lille Vendôme trop heureux vous donnit cet asile; Je crus que vous pouviez , approuvant tnoii dessein , Accepter sans mépris mon hommage et ma knain ; Que je pouvais unir, sans une aveugle audace, Les lauriers des Guesctins «ux lautAfers de ma race : La gloire le voulait ; et peut-être Taïkiour, Plus puissant et plus doux, VordonnaH à son tour; Mais à de plus beaux nœuds je voua vois destinée. La guerre dans Cambrai vous avait amenée Parmi les flots d'un peuple à soi-même livré, Sans raison, sans justice, et de sang enivré. Un raraas de mutins , troupe indigne de vivre , Vous méconnut assez pour oser vous poursuivre; Vendôme vînt, parut, et «on heureux secours Punit leur insolence, et sauva vos beaux jours. Quel Français, quel mortel eût pu moins entreprendre? Et qui n'aurait brigué l'honneur de vous défendre ? La guerre en d'autres lieux égarait ma valeur; Vendôme vous sauva, Vendôme eut ce bonheiu:: La gloire en est à lui, qu'il en ait le salaire; Il a par trop de droits mérité de vous ptaire; Il est prince , il est jeune , Il est votre vengeur : Ses bienfaits et son nom , tout parle en sa faveur.
5a ADELAÎfDE 1)U GUESCLOT,
La justice et l'amour tous pressent de vous rendre :
Je n'ai rien £iit pour tous ; je n'ai rien à prétendre :
Je me tais...» mais sachez que, pour vous mériter,
A tout autre qu'à lui j'irais tous disputer;
Je céderais à peine aux enfans des rois même ;
Mais Vendôme est mon chef, il tous adore, il m'aime;
Coucy , ni Tertueux , ni superbe à demi ,
Aurait braTé le prince, et cède à son ami.
Je £aiis plus ; de mes sens maîtrisant la faiblesse y
J'ose de mon riTal appuyer la tendresse ,
Vous montrer TOtre gloire, et ce que tous derez
Au héros qui tous sert et par qui tous tîtcz..
Je Terrai d'un œil sec et d'un cœur sans euTie,
Cet hymen qui pouTait empoisonner ma Tie.
Je réunis pour tous mon serTice et mes Tœux ;
Ce bras qui fut à lui combattra pour tous deux :
Voilà mes sentimeiM. Si je me sacrifie ,
L'amitié me Tordonne , et surtout la patrie.
Songez que si l'hymen tous range sous sa loi ,
Si ce prince est à tous , il est à TOtre roi.
▲ DBLAÏDB.
Qu'aTec étonnement, seigneur, je tous contemple! Que TOUS donnez au monde un rare et grand exemple! Quoi! ce cœur (je le crois sans feinte et sans détour) Connaît l'amitié seule, et peut braTer l'amour! Il &ut TOUS admirer, quand on sait tous connaître: Vous senrez TOtre ami, tous senrirez mon maître. Un cœur si généreux doit penser comme moi : Tous ceux de TOtre sang sont l'appui de leur roi. Eh bien! de tos Tertus je demande une grâce.
COUCT.
Vos ordres sont sacrés : que faut-il que je fasse?