SCÈNE IL
ADELAÏDE, TAÎSE.
ADELAÏDE
Où suis-je? hélas ! tout m'^jbaudettne.
Nemours.... de tous côtés le malheur m*environne. Ciel ! qui m'arrachera de ce cruel séjour?
TAiSB.
Quoi ! du duc de Vendôme, et le choix et Tamçur, Quoi ! ce r^mg qui ferait le bonheur pu Ten^e De toutes les beautés dont ]a France est remplie ^ Ce rang qui touche au trône , et qu'on met à wok pieds , Ferait couler les pleurs dont ^os yeux sont nçyés?
ADJKLAÏDB.
Ici , du haut des cieux, du Guesdin me contemple ;
De la fidélité. ce héros fut L'exemple:
Je trahirais le sang qu'il versai pour nos lois,
Si j'acceptais la main du vainqueur de nos rois.
TAÎSB.
Quoi ! dans ces tristes, temps de ligues et de haines, Qui coi)fondent des droits les bones incertaines , Où le meilleur parti semble enpov si Coûteux , • Où les en&ns des rois sont divisés entre eux ; Vous , qu'un ^tre plus doux sembUtt avoir fioirméf Pour unir tous les cœurs et pour en être aimée. Vous refusez llionneur qu'on offre à vos appas,
56 ADELAÏBE DU GITESCLIN,
Pour rintërét.d'uB coi qui ne Feiige pas f
▲ DSLAÎDB, «npfemmt.
Mon devoir me rangeait du parti de ses armes.
TAÏSB.
Ah ! le devoir tout seul £ût-il verser des larmes f Si Vendôme vouç aime , et si , par son secours....
. ADJtlâAÎJDB.
Laisse là ses bienfiiits, et parle de Nemours. N'en as-tu rien appris ? sait-on s il vit eaeore ?
TAÏSB.
Voilà donc en effiet le soin qui vous dévore , Madanse?
ADBIiAinB.
Il est trop vrai : je l'avoue , et mon cœur Ne peut plus soutenir le poids de sa douleur. Elle échappe y die échte , elle se justifie ; Et si Nemours n'est plus , sa mort finit ma vie.
TAÏSB. '
Et vous pouviez cacher ce secret à ma foi P
ADBLAÏBB.
Le secret de Nemours dépendait41 de moi? Nos feux toujours brùlans dans l'ombre du silence, Trompaient de tous les yeux la triste vigilance. Séparés Tun de l'autre , et sans cesse présens , Nos cœurs, de nos soupirs étaient seuls confidens; Et Vendôme, surtout, ignorant ce mystère, Ne sait pas si mes yeux ont jaBMÙs vu son frère. Dans les murs de Paris.^.. Mais, ô soins superflus ! Je te parle de lui, quand peutétre il n'est plus. O murs où j'ai vécu de Vendôme ignorée ! O temps où , de Nemours en secret adorée, . Nous touchions l'un et l'autre au fortuné moment Qui m'allait aux «utels.unir à mon amant !