‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 69 sur 446 · SCÈNE IL ADELAÏDE, NEMOURS · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ADELAÏDE, NEMOURS

ADELAÏDE

Lb ciel vous rend à mon âme attendrie ; En veillant sur vos jours il conserva ma vie. Je vous revois, cher prince, et mon cœur empressé.... Juste ciel! quels regards, et quel accueil glacé!

NEMOURS

Lmtérét qu'à mes jours vos bontés daignent prendre, Est d'un céeuT généreux ; mais il doit me surprendre. Vous aviez en effet besoin de mon trépas : Mon rival plus tranquille eût passé dans vos bras. Libre dans vos amours , et sans inquiétude , Vous jouiriez en paix de votre ingratitude ; Et les remords honteux qu'elle traîne après soi. S'il peut vous en rester, périssaient avec moi.

ADELAÏDE

Hélas ! que dites- vous? Quelle fureur subite....

KEMOUaS.

Non , votre changement n est pas ce qui m'irrite.

ADBLAÎ^OS.

Mon changement? Nemours !

A vous seule asservi , Je vous aimai trop bien pour n'être point trahi: C'est le sort des amans, et ma honte est commune; Mais que vous insultiez vous-même à ma fortune ! Qu'en ces murs , où vos yeux ont vu couler mon sang, Vous acceptiez la main qui m'a percé le flanc , Et que vous osiez joindre à Vhorreur qui m'accable,

D'une fausse pitié laffront insupportable ! Quà mes yeux....

ADELAÏDE

Ah! plutôt donnez-moi le trépas.

Immolez votre amante | et ne Faccusez pas. Mon cœur nest point armé contre votre colère, Cruel , et vos soupçons manquaient à ma misère. Ah ! Nemours 9 de quels maux nos jours empoisonnés....

NEMOURS

Vous me plaignez, cruelle , et vous m'abandonnez!

Je vous pardonne, hélas! cette fureur extrême, Tout , jusqu'à vos soupçons ; jugez si je vous aime.

HEMOUaS.

Vous m aimeriez? qui, vous? Et Vendôme à Tinstant Entoure de flambeaux l'autel qui vous attend! Lui-même il m*a vanté sa gloire et sa conquête. Le barbare! il m*invite à cette horrible fête! Que plutôt...«

ADELAÏDE

Ah ! cruel, me faut*il employer Les momens de vous voir à me justifier? Votre frère, il est vrai, persécute ma vie, Et par un fol amour, et par sa jalousie , Et par l'emportement dont je crains les efifets. Et le dirai-je encor, seigneur, par ses bienfûts. J'atteste ici le ciel, témoin de ma conduite.... Mais pourquoi l'attester? Nemours, suisse réduite. Pour vous persuader de si vrais sentimens. Au secours inutile et honteux des sermens ! Non, non; vous connaissez le cœur d'Adélaïde; C'est vous qui conduisez ce cœur faible et timide.

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