ACTE III, SCEITE II. SS
NEMOURS
Mais mon frère vous aime ?
ADELAÏDE
Ah ! n en redoutez rien.
hemoubs.
Il sauva vos beaux jours !
ADELAÏDE
' 11 sauva votre bien.
Dans Cambrai , je Favoue , il daigna me défendre. Au roi que nous servons il promit de me rendre; Et mon coeur se plaisait , trompe par mon amour, Puisqu il est votre frère, à lui devoir le jour. J*ai répondu , seigneur, à sa flamme funeste, Par un refus constant, mais tranquille et modeste, Et mêlé du respect que je devrai toujours A mon libérateur, au frère de Nemours»
Mais mon respect Venflamme , et mon refus Tirrite. J'anime en Tévitant Fardeur de sa- poursuite. Tout doit, si je l'en crois , céder à son pouvoir ; {d) Lui plaire est ma grandeur, Faimer est pion devoir. Qu'il est loin , juste Dieu ! de penser que ma vie, Que mon âme à la vôtre est pour jamais unie , Que vous causez les pleurs dont mes yeux sont chargés ^ Que mon cœur vous adore , et que vous m'outragez! Oui, vous êtes tous deux formés pour mon supplice, Lui par sa passion, vous par votre injustice; Vous, Nemours , vous, ingrat, que je vois aujourd'hui , Moins amoureux, peut-être, et plus cruel que lui.
NEMOURS
C*en est trop.... pardonnez.... voyez mon âme en proie A Famour , aux remords, à Fexcès de ma joie. Digne et charmant objet d'amour et de doqleur, Ce jour infortuné, ce jour fait mon bonheur.
Glorieux, satisfait dans un sort si contraire, Tout captif que je suis , j'ai pitié de mon frère. Il est le seul -k plaindre avec votre courroux; Et je suis son vainqueur, étant aimé de vous. .