ACTE ni, SCENE IIL
Celle qm m* a dompté, qui me ramène à lui, Qui d*an prince ennemi fkit un sujet fidèle, Changé par ses regards et yertueux par elle!
HSMOURS.
(àpart.)
II &it ce que je yeux , et c'est pour m'accabler !
(è Adélaïde.)
Prononcez notre arrêt, madame, il £iut parler.
tsnd6he.
Eh quoi ! vous demeurez interdite et muette? De mes soumissions étes-vous satisâdte?
Est-ce assez qu'un vainqueur tous implore à genoux ? Faut-il encor ma vie, ingrate ? elle est à vous. Vous n'avez qu'à parler; j'abandonne sans peine Ce sang infortuné, proscrit par votre haine.
JLDEX.JLÏDB.
Seigneur , mon cœur est juste ; on ne m'a vu jamais Mépriser vos bontés, et haïr vos bienÊiits; • Mais je ne puis penser qu'à mon peu de puissance Vendôme ait attaché le destin de la France { Qu'il n'ait lu son devoir que dans mes fisiibles yettx; Qu'il ait besoin de moi pour être vertueux. Vos desseins ont sans doute une source plus pure Vous avez consulté le devoir, la nature; L'amour à peu de part où' doit régner l'honneur.
VBNDâM E.
L'amour seul a tout fait, et c'est là mon malheur; Sur tout autre Intérêt ce triste kmour l'emporte. Accablez-moi de honte, accusez-moi, n'importe! Dussé-je vous déplaire et forcer votre cœur, L'autel est prêt ; venez.
NfiMOiras.
Vous osez?...
88 ADELAÎtDE DU GUESCLIN,
JLDELAÏDE.
Non 9 seigneur.
Ayant que je vous cède, et que Thymen nous lie, Aux yeux de votre frère arrachez-moi la vie. Le sort met entre nous un obstacle éternel. Je ne puis étire à vous.
VENDÔME
Nemours.... ingrate.... Ah ciel !
C*en est donc fait... mais non.... mon cœur sait se contraindre: Vous ne méritez pas que je daigne m*en plaindre. Vous auriez dû peut-être, avec moins de détour, Dans ses premiers transports étoufifer mon amour ; Et par un prompt aveu, qui m'eût guéri sans doute, ATépargner les affronts que ma bonté me coûte. Mais je vous rends justice; et ces séductions. Qui vont au fond des cœurs chercher nos passions, L'espoir qu'on donne à peine afin qu'on le saisisse, Ce poison préparé des mains de Tartifice, Sont les armes d'un sexe aussi trompeur que vain , Que l'œil de la raison regarde avec dédain. Je suis libre par vous : cet art que je déteste. Cet art qui m'enchaîna, brise un joug si funeste; Et je ne prétends pas , indignement épris , Rougir devant mon frère , et souffrir des mépris. Montrez-moi seulement ce rival qui se cache ; Je lui cède avec joie un poison qu'il m'arrache ; (4) Je vous dédaigne assez tous deux pour vous unir, Perfide ! et c'est ainsi que je dois vous punir.
ADELAÏDE
Je devrais seulement vous quitter et me taire; Mais je suis accusée , et ma gloire m'est chère. Votre frère est présent, et mon honneur blessé Doit repousser les traits dont il est offensé.