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SCÈNE II

ZAÏRE, CHATiLLON, NÉRESTAN.

ZAÏRE, à Nérestan.

C'est vous , digne Français , à qui je viens parler.

Le Soudan le permet, cessez de vous troubler;

Et rassurant mon cœur, qui tremble à votre approche ,

Chassez de vos regards la plainte et le reproche.

Seigneur, nous nous craignons, nous rougissons tous deux

Je souhaite et je crains de rencontrer vos yeux.

L'un à l'autre attacliés depuis notre naissance ,

Une affreuse prison renferma notre enfance ;

Le sort nous accabla du poids des mêmes fers,

Que la tendre amitié nous rendait plus légers.

II me fallut depuis gémir de votre absence; Le ciel porta vos pas aux rives de là France : Prisonnier dans Solyme, enfin je vous revis; Un entretien plus hbre alors m'était permis. Esclave dans la foule où j'étais confondue , Aux regards du Soudan je vivais inconnue : Vous daignâtes bientôt , soit grandeur, soit pitié , Soit plutôt digne effet d'une pure amitié , Revoyant des Français le glorieux empire.

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