‹ ThéatreChapitre 115 sur 520 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

Il meurt dans ramertiime , et son âme incertaine Uemande en soupirant si vous êtes dirétienne.

ZAÏRE

Quoi! je suis votre sœur, et vous pouvez penser Qu'à mon sang, à ma loi j'aille ici renoncer?

NÉRKSTAN.

Ah! ma sœur, cette loi n'est pas la vôtre encore;

Le jour qui vous éclaire est pour a'ous à l'aurore;

Vous n'avez point reçu ce gage précieux

Qui nous lave du crime et nous ouvre les cieux.

Jurez par nos malheurs et i)ar votre famille ,

Par ces martyrs sacrés de qui vous êtes fille.

Que vous voulez ici recevoir aujourd'hui

Le sceau du Dieu vivant qui nous attache à lui.

ZAÏRE

Oui , je jure en vos mains, par ce Dieu que j'adore , Par sa loi que je cherche, et que mon cœur ignore , De vivre désormais sous cette sainte loi... Mais, mon cher frère... Iiélas ! que veut-elle de moi.^ Que faut-il?

', NERESTAN.

Détester l'empire de vos maîtres.

Servir, aimer ce Dieu qu'ont aimé nos ancêtres. Qui, né près de ces murs , est mort ici pour nous, . Qui nous a rassemblés , qui m'a conduit vers vous. Est-ce à moi d'en parler ? Moins instruit que fidèle, Je ne suis qu'un soldat , et je n'ai que du zèle. Un pontife sacré viendra jusqu'en ces lioux Vous apporter la vie, et dessiller vos yeux. Songez à vos serments, et que l'eau du baptême Ne vous apporte point la mort et l'anathème. Obtenez qu'avec lui je puisse revenir.

Mais à quel titre, ô ciel! faut-il donc l'obtenir.^

^qui le demander dans ce sérail profime?

) Vous, le sang de vingt rois, esclave d'Orosmane !

'T'arentc de Louis, fille de Lusignan, Vous, chrétienne et ma sœur, esclave d'un Soudan ! \ Vous m'entendez... je n'ose en dire davantage : Dieu , nous réserviez-vous à ce dernier outrage?

ZAÏRE

Ah : cruel ! poursuivez, vous ne connaissez pas

i(.?. ZAïiw:.

Mon secret, mes tourments, mes vo'ux , mes attentats.

Mon frère , ayez pitié d'une sœur égarée,

Qui brûle, qui gémit , qui meurt désespérée.

Je suis chrétienne, hélas!.,, j'attends avec ardeur

Cette eau sainte, cette eau qui peut guérir mon cœur.

Non , je ne serai point indigne de mon frère,

De mes aïeux , de moi, de mon malheureux père.

Mais parlez à Zaïre, et ne lui cachez rien :

Dites... quelle est la loi de l'empire chrétien?...

Quel est le châtiment pour une infortunée

Qui , loin de ses parents , aux fers abandonnée:

Trouvant chez un barbare un généreux appui ,

Aurait touché son âme et s'unirait à lui?

NÉRESTAN

O ciel ! que dites-vous? Ah ! la mort la plus prompte Devrait...

ZAÏRE

C'en est assez ; frappe, et préviens ta honte,

MÉRESTAN. *

Qui? vous? ma sœur!

ZAÏRE

C'est moi que je viens d'accuser.

Orosmane m'adore... et j'allais l'épouser.

NÉRESTAN

L'épouser! Est-il vrai, ma sœur? est-ce vous-même? Vous , la fille des rois?

ZAÏRE

Frappe, dis-je ; je l'aime.

KÉRESTAN. • ■

Opprobre malheureux du sang dont vous sortez. Vous demandez la mort, et vous la méritez : Et si je n'écoutais que ta honte et ma gloire, L'honneur de ma maison , mon père , sa mémoire ; Si la loi de ton Dieu , que tu ne connais pas, Si ma religion ne retenait mon bras , J'irais dans ce palais , j'irais , au moment même , Immoler de ce fer un barbare qui t'aime , De son indigne flanc le plonger dans le tien , Et ne l'en retirer que pour percer le mien. Cie!! tandis que Louis, l'exemple de la terre, Au IN'il épouvant(' ne va porter la guerre

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