‹ ThéatreChapitre 161 sur 520 · CÉSAR, BRUTUS · texte numérisé non relu

CÉSAR, BRUTUS

CÉSAR

Demeure, c'est ici que tu dois m'écouler. Où vas-tu , malheureux ?

Loin de la tyrannie.

CÉSAR

Licteurs, qu'on le retienne.

Acl>ève , et prencïs raa vie.

CÉSAR

Briitus , si ma colère en voulait à tes jours, Je n'aurais qu'à parler, j'aurais fini leur cours. Tu l'as trop mérité. Ta fière ingratitude Se fait de m'offenser une farouche étude. Je te retrouve encore avec ceux des Romains Dont j'ai plus soupçonné les perfides desseins ; Avec ceux qui tantôt ont osé n*e déplaire. Ont blâmé ma conduite , ont bravé ma colère.

Ils parlaient en Romains, César; et leurs avis. Si les dieux t'inspiraient , seraient encor suivis.

CÉSAR

Je souffre ton audace, et consens à t'entendre : De mon rang avec toi je me plais à descendre. Que me reproches-tu.'

Le monde ravagé , Le sang des nations , ton pays saccagé ; Ton pouvoir, tes vertus, qui font tes injustices. Qui de tes attentats sont en toi les complices ; Ta funeste bonté qui fait aimer tes fers , Et qui n'est qu'un appât pour tromper l'univers.

CÉSAR

Ah ! c'est ce qu'il fallait reprocher à Pompée. Par sa feinte vertu la tienne fut trompée. Ce citoyen superbe, à Rome plus fatal , N'a pas même voulu César pour son égal. Crois-tu, s'il m'eût vaincu , que cette âme hautaine Eût laissé respirer la liberté romaine.' Sous un joug despotique il t'aurait accablé. Qu'eût fait Brutus alors.'

Brutus l'eût immolé.

CÉSAR

Voilà donc ce qu'enfin ton grand cœur me destine t Tu ne t'en défends point. Tu vis pour ma ruine, Hrutus !

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