PALMIRE, SÉIDE, OMAR
OMAR
Vos fers seront biisés, soyez pleins d'espérance; Le ciel vous favorise, et Mahomet s'avance.
sÉmE.
Lui?
PALMIRE
Notre auguste père ?
OMAR
Au conseil assemblé , L'esprit de Mahomet par ma bouche a parlé, «t Ce favori du dieu qui préside aux batailles, K Ce grand homme , ai-je dit , est né dans vos muraillet. « Il s'est rendu des rois le maître et le soutien , « Et vous lui refusez le rang de citoyen ! « Vient-il vous enchaîner, vous perdre, vous détruire? « Il vient vous protéger, mais surtout vous instruire :
actl: II, SCENE m. 309
a 11 vient dans vos cœurs même établir son pouvoir. »
Plus d'un juge à ma voix a paru s'émouvoir;
Les esprits s'ébranlaient : l'inflexible Zopire ,
Qui craint de la raison l'inévitable empire,
Veut convoquer le peuple et s'en faire un appui.
On l'assemble; j*y cours, et j'arrive aveclui :
Je parle aux citoyens, j'intimide, j'exhorte;
J'obtiens qu'à Mahomet on ouvre enfin la porte.
Après quinze ans d'exil , il revoit ses foyers;
Il entre, accompagné des plus braves guerriers,
D'Ali , d'Ammon , d'Hercide , et de sa noble élite ;
11 entre , et sur ses pas chacun se précipite;
Chacun porte un regard , comme un cœur différent .
L'un croit voir un héros, l'autre voir un tyran.
Celui-ci le blasphème , et le menace encore ;
Cet autre est à ses pieds , les embrasse , et l'adore.
Nous faisons retentir à ce peuple agité
Les noms sacrés de dieu , de paix , de liberté.
De Zopire éperdu la cabale impuissante
Vomit en vain les feux de sa rage expirante.
Au milieu de leurs cris , le front calme et serein ,
Mahomet marche en maître , et l'olive à la main :
La trêve est publiée , et le voici lui-même.