ACTE II, SCÈNE V
Demain j'ordonnerai ce que je te demande ; Demain je puis te voir à mon joug asservi : Aujourd'hui Mahomet veut être ton ami.
ZOPIRE
Nous, amis! nous, cruel! Ah! quel nouveau prestige! Connais-tu quelque dieu qui fasse un tel prodige?
MAHOMET
J'en connais un puissant, et toujours écouté, Qui te parle avec moi.
ZOPIRE
Qui?
La nécessité, Ton intérêt.
ZOPIRE
Avant qu'un tel nœud nous rassemble, Les enfers et les cieux seront unis ensemble. L'intérêt est ton dieu , le mien est l'équité ; Entre ces ennemis il n'est point de traité. Quel serait le ciment , réponds-moi , si tu l'oses . De l'horrible amitié qu'ici tu me proposes ?
Ééponds : est-ce ton fils que mon bras te ravit? st-ce le sang des miens que ta main répandit?
MAHOMET
)ui , ce sont tes fils même. Oui , connais un mystèr£ )ont seul dans l'univers je suis dépositaire : u pleures tes enfants , ils respirent tous deux.
ZOPIRE
|s vivraient ! qu'as-tu dit.' 6 ciel , ô jour heureux ! s vivraient ! c'est de toi quil faut que je l'apprenne !
MAHOMET
levés dans mon camp , tous deux sont dans ma chaîne.
ZOPIRE
es enfants dans tes fers! ils pourraient te servir i
MAHOMET
es bienfaisantes mains ont daigné les nourrir.
ZOPIRE
uoi ! lu n'as point sur eux étendu ta colère ?
MAHOMET
ne les punis point des fautes de leur père.
ZOPIRE
hève, éclaircis-moi, parle : quel est leur sort?