‹ ThéatreChapitre 246 sur 520 · MAHOMET, PALMIRE · texte numérisé non relu

MAHOMET, PALMIRE

PALMIRE

C'est vous qu'à mon secours un dieu propice envoie, Seigneur. Séide...

MAHOMET

Eh bien! d'où vous vient cet effroi.' Et que craint-on pour lui , quand on est près de moi ?

PALMIRE

O ciel ! vous redoublez la douleur qui m'agite. Quel prodige inouï ! votre âme est interdite ; Mahomet est troublé pour la première fois.

MAHOMET

Je devrais l'être au moins du trouble où je vous vois.

Est-ce ainsi qu'à mes yeux votre simple innocence

Ose avouer un feu qui peut-être m'offense ?

Votre cœur a-t-il pu , sans être épouvanté ,

Avoir un sentiment que je n'ai pas dicté?

Ce cœur que j'ai formé n'est-il plus qu'un rebelle

Ingrat à mes bienfaits , à mes lois infidèle?

PALMIRE

Que dites- vous ? Surprise et tremblante à vos pieds, Je baisse en frémissant mes regards effrayés. Hé quoi! n'avez- vous pas daigné, dans ce lieu même. Vous rendre à nos souhaits, et consentir qu'il m'aime? Ces nœuds, ces chastes nœuds, que Dieu formait en nous. Sont un lien de plus qui nous attache à vous.

MAHOMET

Redoutez des liens formés par l'imprudence. Le crime quelquefois suit de près l'innocence. Le cœur peut se tromper ; l'amour et ses douceurs Pourront coûter, Palmire , et du sang et des pleurs.

PALMIRE

W'en doutez pas, mon sang coulerait pour Séide.

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