‹ ThéatreChapitre 247 sur 520 · ACTE III, SCÈNE ÏII. 3ÎI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE ÏII. 3ÎI

MAHOMET

Vous l'aimez à ce point?

PALM IRE

Depuis le jour qu'Hercido Nous soumit l'un et l'autre à votre joug sarre, Cet instinct tout-puissant, de nous-même ignoré. Devançant la raison , croissant avec notre âge, Du ciel, qui conduit tout, fut le secret ouvrage. Nos penchants, dites-vous , ne viennent que de lui. Dieu ne saurait changer : pourrait-il aujourd'hui Réprouver un amour que lui-même il fit naître .^ Ce qui fut innocent peut-il cesser de l'être? Pourrais-je être coupable?

MAHOMET

Oui. Vous devez trembler ; Attendez les secrets que je dois révéler ; Attendez que ma voix veuille enfin vous apprendre Ce qu'on peut approuver, ce qu'on doit se défendre. Ne croyez que moi seul.

PALMIRE

Et qui croire que vous?

Esclave de vos lois , s^oumise , à vos genoux , Mon cœur d'un saint respect ne perd point l'habitude.

MAHOMET

Trop de respect souvent mène à l'ingratitude.

PALMIKE.

Non , si de vos bienfaits je perds le souvenir, Que Séide à vos yeux s'empresse à m'en punir!

MAHOMET

, Ah ! quel courroux arme votre œil sévère ?

l MAHOMET,

Allez , rassurez-vous , je n'ai point de colère. C'est éprouver assez vos sentiments secrets ; Reposez-vous sur moi de vos vrais intérêts; Je suis digne du moins de votre confiance. Vos destins dépendront de votre obéissance. Si j'eus soin de vos jours, si vous m'appartenez. Méritez des bienfaits qui vous sont destinés. Quoi que la voix du ciel ordonne de Séide ,

Affermissez ses pas où son devoir le guide -.

Qu'il garde ses serments; qu'il soit digne de tous.

PALMIRE

N'en doutez point, mon père, il les remplira tous : Je réponds de son cœur, ainsi que de moi-même. Séide vous adore encor plus qu'il ne m'aime; II voit en vous son roi , son père , son appui : J'en atteste à vos pieds l'amour que j'ai pour ini. Je cours à vous servir encourager son âme.

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