SCÈNE V
SÉMIRAMIS paraît dans le fond, appuyée sur ses femmes; OTAN, son confident, va au-devant d'Assur; ASSUR, ARZACE, M TRANE.
OTANE.
Seigneur, quittez ces lieux, La reine en ce moment se cache à tous les yeux : Respectez les douleurs de son âme éperdue. Dieux , retirez la main sur sa tête étendue! ARZACE , en se retirant.
Que je la plains !
ASSUR , à l'un des siens.
Sortons; et , sans plus consulter, De ce trouble inouï songeons à profiter.
(11 sort avec sa suite.) (Sémiramis avance sur la scène.) OTANE, revenant à Sémiramis.
O reine ! rappelez votre force première;
Que vos yeux , sans horreur, s'ouvrent à la lumière.
SÉMIRAMIS
O voiles de la mort, quand viendrez-vous couvrir Mes yeux remplis de pleurs , et lassés de s'ouviir ^
(Elle marche éperdue sur la scène, croyant voir l'ombre de Nini Abîmes , fermez-vous; fantôme horrible, arrête : Frappe , ou cesse à la fin de menacer ma tête. Arzace est-il venu?
OTANE.
Madame, en cette cour, Arzace auprès du temple a devancé le jour. |
SÉMIRAMIS
Cette voix formidable , infernale ou céleste ,
Qui dans l'ombre des nuits pousse un cri si funeste ,
M'avertit que, le jour qu'Arzace doit venir