‹ ThéatreChapitre 385 sur 520 · ACTE 1, SCÈNE YII · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE YII

Croit-on que Mallius, cet indigne rebelle, Ce tribun des soldats, subalterne infidèle, De la guerre civile arborât l'étendard ; Qu'il osât s'avancer vers ce sacré rempart, Qu'il eût pu fomenter ces ligues menaçantes,

n'était soutenu par des mains plus puissantes , Si quelque rejeton de nos derniers tyrans iS'allumait en secret des feux plus dévorants? Les premiers du sénat nous trahissent peut-être ; Des cendres de Sylla les tyrans vont renaître. I César fut le premier que mon cœur soupçonna. Oui , j'accuse César.

CICÉRON

Et moi , Catilina.

De brigues , de complots , de nouveautés avide, IVaste dans ses projets, impétueux , perfide, i Plus que César eneor je le crois dangereux , (Beaucoup plus téméraire, et bien moins généreux.

I Je viens de lui parler : j'ai vu sur son visage ,

i J'ai vu dans ses discours son audace et sa rage , lEt la sombre hauteur d'un esprit affermi, iQui se lasse de femdre , et parle en ennemi. De ses obscurs complots je cherche les compHces. Tous ses crimes passés sont mes premiers indices. J'en préviendrai la suite.

CATOX.

11 a beaucoup d'amis ; Je crains pour les Romains des tyrans réunis. L'armée est en Asie , et le crime est dans Rouie ; Mais pour sauver l'État il suffît d'un grand homme.

CICÉRO.>(

Si nous sommes unis, il suffit de nous deux. La discorde est bientôt parmi les factieux. César peut conjurer, mais je connais son àme; Je sais quel noble orgueil le domine et l'enflaïauie. Son cœur ambitieux ne peut être abattu Jusqu'à servir en lâche un tyran sans vertu.

II aime Rome encore, il ne veut pomt de ni.Mj'iv; Mais je prévois trop bien qu'un jour il voudra l'être. Tous deux jaloux de plaire , et plus de commander. Ils sont montés trop haut pour jamais s'accorder.

Par leur désunion Rome sera sauvée.

Allons, n'attendons pas que , de sang abreuvée. Elle tende vers nous ses languissantes mains, Et qu'on donne des fers aux maîtres des humains.

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