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SCÈNE VIL GENGIS, OCTAR, OSMAN

OSMAN

La victime, seigneur, allait être égorgée;

Une garde autour d'elle était déjà rangée ;

Mais un événement que je n'attendais pas

Demande un nouvel ordre , et suspend son î.répas.

Une femme éperdue , et de larmes baignée.

Arrive , tend les bras à la garde indignée,

Et , nous surprenant tous par ses cris forcenés :

«■ Arrêtez , c'est mon fds que vous assassinez î

« C'est mon fils! on vous trompe au cboix de la victime.

Le désespoir afireux qui parle et qui l'anime ,

Ses yeux, son front, sa voix, sessangiots, ses clameurs,

Sa fureur intrépide au milieu de ses pleurs,

Tout semblait annoncer, par ce grand caractère ,

Le cri de la nature, et le cœur d'une mère.

Cependant son époux, devant nous appelé.

Non moins éperdu qu'elle , et non moins accablé ,

zMais sombre, et recueilli dans sa douleur funeste :

« De nos rois , a-t-il dit , voilà ce qui nous reste ;

« Frappez : voilà le sang que vous me demandez. »

De larmes, en parlant , ses yeux sont inondés.

Cette femme , à ces mots , d'un froid mortel saisie ,

Longtemps sans mouvement, sans couleur et sans vie ,

Ouvrant entîn les yeux , d'horreur appesantis ,

Dès qu'elle a pu parler a réclamé son fils :

Le mensonge n'a point des couleurs si sincèics ;

On ne versa jamais de larmes plus amères.

On doute, on examine , et je reviens conins

Demander à vos pieds vos ordres absolus.

GENGIS

Je saurai démêler un pareil artifice ;

Et qui m'a pu tromper est sûr de son sup[)iicu.

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