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ACTE II , SCÈ^'E IL r>l

Contre vous , après tout , serait-elle écoutée? Pour effrayer le peuple elle paraît dictée,

AMÉNAÏDE

Elle attaque Taucrède, elle me fait horreur.

Que cette loi jalouse est digne de nos maîtres !

Ce n'était point ainsi que ses braves ancêtres ,

Ces généreux Français , ces illustres vainqueurs,

Subjuguaient l'Italie, et conquéraient des cœurs.

On aimait leur franchise, on redoutait leurs armes ;

Les soupçons n'entraient point dans leurs esprits alticrs.

L'honneur avait uni tous ces grands chevaliers :

Chez les seuls ennemis ils portaient les alarmes ;

Et le peuple, amoureux de leur autorité,

Combattait pour leur gloire et pour sa liberté.

Ils abaissaient les Grecs , ils triomphaient du Maure.

Aujourd'hui je ne vois qu'un sénat ombrageux ,

Toujours en défiance et toujours orageux ,

Qui lui-même se craint , et que le peuple abhorre.

Je ne sais si mon cœur est trop plein de ses feux ;

Trop de prévention peut-être me possède ;

Mais je ne puis souffrir ce qui n'est pas Tancrède :

La foule des humains n'existe point pour moi ;

Son nom seul en ces lieux dissipe mon effroi ,

Et tous ses ennemis irritent ma colère.

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