‹ ThéatreChapitre 52 sur 520 · ARONS, MESSALA , ALBIN · texte numérisé non relu

ARONS, MESSALA , ALBIN

ARONS

Généreux Messala , l'appui de votre maître ,

Eh bien ! l'or de Tarquin , les présents de mou roi ,

Des sénateurs romains n'ont pu tenter la foi.^

Les plaisirs d'une cour, l'espérance, la crainte ,

A ces cœurs endurcis n'ont pu porter d'atteinte.^

Ces fiers patriciens sont-ils autant de dieux

Jugeant tous les mortels , et ne craignant rieji d'eux ?

Sont-ils sans passions, sans intérêt, sans vice.?

MESSALA

Ils osent s'en vanter; mais leur feinte justice,

Leur âpre austérité que rien ne peut gagner,

N'est dans ces cœurs hautains que la soif de régner ;

Leur orgueil fou le aux pieds Torgueil du diadème;

Ils ont brisé le joug pour l'imposer eux-même.

De notre liberté ces illustres vengeurs,

Armés pour la défendre , en sont les oppresseurs.

Sous les noms séduisants de patrons et de pères,

Ils affectent des rois les démarches altières.

Rome a changé de fers ; et , sous le joug des grands ,

Pour un roi qu'elle avait, a trouvé cent tyrans.

AROiXS.

Parmi vos citoyens , en est-il d'assez sage Pour détester tout bas cet indigne esclavage.?

MESSALA

Peu sentent leur état; leurs esprits égarés De ce grand changement sont encore enivrés; Le plus vil citoyen , dans sa bassesse extrême, Ayant chassé les rois, pense être roi lui-même. iNIais je vous l'ai mandé , seigneur, j'ai des amis Qui sous ce joug nouveau sont à regret soumis; Qui , dédaignant l'erreur des peuples imbéciles,

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