ARONS, MESSALA , ALBIN
ARONS
Généreux Messala , l'appui de votre maître ,
Eh bien ! l'or de Tarquin , les présents de mou roi ,
Des sénateurs romains n'ont pu tenter la foi.^
Les plaisirs d'une cour, l'espérance, la crainte ,
A ces cœurs endurcis n'ont pu porter d'atteinte.^
Ces fiers patriciens sont-ils autant de dieux
Jugeant tous les mortels , et ne craignant rieji d'eux ?
Sont-ils sans passions, sans intérêt, sans vice.?
MESSALA
Ils osent s'en vanter; mais leur feinte justice,
Leur âpre austérité que rien ne peut gagner,
N'est dans ces cœurs hautains que la soif de régner ;
Leur orgueil fou le aux pieds Torgueil du diadème;
Ils ont brisé le joug pour l'imposer eux-même.
De notre liberté ces illustres vengeurs,
Armés pour la défendre , en sont les oppresseurs.
Sous les noms séduisants de patrons et de pères,
Ils affectent des rois les démarches altières.
Rome a changé de fers ; et , sous le joug des grands ,
Pour un roi qu'elle avait, a trouvé cent tyrans.
AROiXS.
Parmi vos citoyens , en est-il d'assez sage Pour détester tout bas cet indigne esclavage.?
MESSALA
Peu sentent leur état; leurs esprits égarés De ce grand changement sont encore enivrés; Le plus vil citoyen , dans sa bassesse extrême, Ayant chassé les rois, pense être roi lui-même. iNIais je vous l'ai mandé , seigneur, j'ai des amis Qui sous ce joug nouveau sont à regret soumis; Qui , dédaignant l'erreur des peuples imbéciles,