‹ ThéatreChapitre 65 sur 520 · ACTE m, SCESIL V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCESIL V

Mes pleurs t'ont désarmé , tout change; et (a justice, Aux feux dont j'ai rougi rendant leur pureté, En les récompensant , les met en liberté.

(à Algine. ) Va le chercher, va, cours. Dieu\! il m'évite encore l Faut-il qu'il soit heureux, hélas! et qu'il l'ignore? Mais n'écouté-je point un espoir trop flatteur? Titus pour le sénat a-t-il donc tant d'horreur ? Que dis-je? hélas ! devrais-je au dépit qui le presse Ce que j'aurais voulu devoir à sa tendresse?

ALGINE.

Je sais que le sénat alluma son courroux , Qu'il est ambitieux , et qu'il brûle pour vous.

TLLLIE.

11 fera tout pour moi , n'en doute point ; il m'aime.

(Algine sort.) Va, dis-je... Cependant ce cliangement extrême... Ce billet!... De quels soins mon cœur est combattu! Éclatez, mon amour, ainsi (lue ma vertu ! La gloire, la raison, le devoir, tout l'ordonne. Quoi ! mon père à mes feux va devoir sa couronne ! De Titus et de lui je serais le lien ! Le bonheur de l'État va donc naître du mien! Toi que je peux aimer , quand pourrai-je t'apprendre Ce changement du sort où nous n'osions prétendre? Quand pourrai-je, Titus, dans mes justes transports, T'enlendre sans regrets, te parler sans remords? Tous mes maux sont finis : Rome, je te pardonne; Rome , tu vas servir, si Titus t'abandonne ; Sénat , tu vas tomber, si Titus est à moi : Ton héros m'aime; tremble, et reconnais ton roi.

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