CHAPITRE XV. LES GRANDS MAITRES AU TRAVAIL
des reliefs aux murs Ouest et Est, tandis que le côté Sud est orné de peintures.
Chez Nebamon (n°170); la première chambre a des reliefs clan seconde, des peintures.
Mais quel que fût le procédé, il fallait toujours commencer par dessiner les figures sur la belle surface plane. Il serait intéressant derechercher si l’ébaucheétait différente dans le cas
ce que l’on se contenterait d’une peinture ou si l’on préparait simplement le travail
- Souvent l'artiste Fic. 170. (D'après N. de G. Davies.) TOMBEAU DE NAKHT. ' . è 4 t , commençait par « re Scène d’offrande avec traces des carreaux
gner son papier ». Des traits horizontaux et verticaux déterminaient un véritable réseau qui devait guider la main et l’œil au cours de l’exécution. La comparaison de tous les exemples connus a permis de décrire la manière dont on établissait ces carreaux. Pour le tracé des lignes verticales, on marquait au haut de la muraille un certain nombre de traits à distance régulière.
De chacun d’eux on laissait pendre une corde alourdie, probablement par
. un fil à plomb. Il suffisait de donner une secousse pour que la corde,
- préalablement teinte en rouge, marque plus ou moins légèrement sur la
muraille une ligne souvent formée d’une série de petits points. Pour les lignes horizontales, on les obtenait par un procédé analogue. Lorsque les carreaux n’ont pas été soigneusement tracés, ce qui est rare d’ailleurs, les figures montrent des déviations. A la belle tombe de Nakht (n° 52), dans une des scènes de sacrifice, sous la peinture, on voit encore transparaître une partie des carreaux (fig. 179). Au tombeau de Souemnout (n° 92), il y a tant d’ébauches établies sur le
- réseau quadrillé que leur étude, encore à faire, fournirait toute l’histoire des
procédés de peinture (fig. 180). On y voit très clairement comment la dimension des carreaux sur un même mur est en relation étroite avec la dimension relative des figures, ce qui indique déjà nettement qu’il n’y a pas là simplement un procédé de report ou d’agrandissement d’une scène dont le modèle aurait été exécuté d’avance. Au tombeau de Thati (n° 154), on peut étudier les variations dans le nombre des carreaux sur lesquels on a dessiné des personnages debout, assis sur des sièges ou sur le sol (fig. 182).
Les recherches méthodiques de Mackay ont permis de préciser la façon dont les artistes utilisaient ces lignes. L’une d’elles, perpendiculaire, divise le corps en deux en passant exactement devant l’oreille, la ligne précédente traverse l'iris de l’œ1il et son extrémité marque la pointe du pied qui se trouve en arrière. Le pied servait d’ailleurs de base à toutes les mesures du corps, car il prend en longueur exactement trois carreaux. Lorsqu'un homme et une femme sont | placés l’un “dernière l'autre, les lignes qui traversent liristles l’homme et celui de la femme sont à six Carreaux de distance.
Horizontalement, une ligne marque les genoux : elle correspond à la sixième division depuis la plante du pied ; la seizième, marque l’attache du cou.
Ces mesures sont invariables depuis l’époque des pyramides, et bien des siècles s’écouleront avant qu’ ’on songe, à à la basse- -époque, à à les modifier.
Il est intéressant de constater que, lorsqu'il s agit de scènes animées, par exemple dans la représentation de la chasse aux oiseaux, aux tombeaux de Souem-
FIG. 180. (Phot, W. Wreszinski.) TOMBEAU DE SOUEMNOUT. Mur préparé pour la décoration. nout (n° 92) et de Ouah