COLOSSES D’AMÉNOPHIS III DITS COLOSSES DE MEMNON
portes d’or. On l’a élargi, agrandi énormément et parachevé pour l'éternité. On y a multiplié les statues royales en granit d’Assouan, en grès dur, en toutes pierres excellentes, en travail parfait pour l’éternité. Par leur stature elles resplendissent plus que le ciel, l’éclat de leurs rayons est à la face des hommes comme le soleil lorsqu'il brille au lever du jour. » Une autre inscription dit des colosses : « Lorsqu’on les voyait à leur place, on se réjouissait grandement à cause de leur taille. »
À quelque distance vers le Nord, se voient les ruines du Ramesseum, temple funéraire de Ramsès IT ; gisant sur le sol, se trouvent les restes de ce qu’on pourrait appeler le « colosse des colosses » (fig. 21). Les savants de l’expédition française sous Bonaparte en ont mesuré exactement les diverses parties :
l'oreille a rmos de lonpueue l'index 1 mètre ; le pied n’a pas moins de 1"40 de largeur. On évalue la hauteur totale du colosse à 17"50 et son poids à un million de kilogrammes environ.
Ce n’est qu’en se promenant sur les débris du colosse, un peu comme le ferait une mouche sur un visage humain, qu’on par- F1G. 20. (D’après A. Mariette.) KARNAK. vient à réaliser les dimensions
Porte ptolémaïque devant le temple de Khonsou. A :
écrasantes de cette statue qui
n’a cependant rien de grossier ni de disproportionné, et dont chaque détail a été exécuté avec une finesse et une précision incroyables.
Une légende grecque raconte que Cadmus, lorsqu ’l fonda la THÉ dE Béotie, sema des dents de dragons pour faire sortir du sol des guerriers. On. serait tenté de croire que dans la Thèbes d'Egypte un procédé analogue fit jailir du sol les bataillons de colosses chargés de garder les temples.
Les obélisques et les colosses ont retenu notre attention un long moment, mais ce serait une erreur de croire que, dans l’ensemble des constructions, ils : visaient particulièrement à donner l'impression du colossal. Tout est à l” échelle, c’est nous qui sommes trop petits, et c’est ce sentiment vaguement perçu qui
‘IL SISNVA A4 ASSOTO0 WNASSAWVA (CSIPPEO 10H) "IT OI
finit par nous imposer, au milieu des ruines, l’obsession du colossal. Champollion, au cours de son voyage en Egypte, au moment même de la révélation au monde moderne de ces édifices grandioses, écrivait, le 24 novembre 1708 : « J’allai enfin au palais ou plutôt à la ville de monuments, à Karnak. Là m’apparut toute la magnificence pharaonique, tout ce que les hommes ont imaginé et exécuté de plus grand. Tout ce que j'avais vu à Thèbes, tout ce que j’avais admiré avec enthousiasme sur la rive gauche, me parut misérable en comparaison des conceptions gigantesques dont j'étais entouré. Je me garderai bien de vouloir rien décrire, car, ou mes expressions ne vaudraient que la millième partie de ce qu’on doit dire en parlant de tels objets, ou bien, si j’en traçais une faible esquisse, même fort décolorée, on me prendrait pour un enthousiaste, peut-être même pour un fou. Il suffira d’ajouter qu'aucun peuple ancien ni moderne n’a conçu l’art de l’architecture sur une échelle aussi sublime, aussi large, aussi grandiose que le firent les vieux Egyptiens ; ils concevaient en hommes de cent pieds de haut, et l’imagination qui, en Europe, s’élance bien au-dessus de nos portiques, s’arrête et tombe impuissante au pied des cent quarante colonnes de la salle hypostyle de Karnak (fig. 17). »
Est-il nécessaire de répéter, avec les rédacteurs des guides, que l’aire de la salle est si grande qu’on y pourrait élever Notre-Dame de Paris, que les architraves de la nef centrale sont formées de pierres de 65,000 kilogrammes, que les grandes colonnes ont le même diamètre que la colonne Trajane ou la colonne Vendôme ?
À l'entrée du temple, le grand pylône des Bubastides a.
16 mètres d’épaisseur pour une hauteur de 43250 ; la portes 20 mètres d’ouverture, et sa hauteur totale, avec la corniche, était de 26 mètres. L’éboulement du 11° pylône, ou du 1" pylône du
FIG. 22. (Phot. J. Caparr.) Karnak. Ramesseum, par leur vire pylône montrant les traces de la destruction des mâts par le feu. état de ruine même,
= La RER