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dieu dans sa traversée du monde de la nuit, puis un scarabée, aspect du nouveau soleil qui va renaître au matin. Sur les murs voisins, dans plusieurs tombeaux, on trouve les Litanies du Soleil, qui ont pour titre : « Commencement du Livre de l’adoration de Ra dans l’Amentit, à réciter au début de la nuit, lorsque Ra est vainqueur de ses ennemis dans l’autre monde. lecture utile à l’homme sur la terre et lorsqu'il est mort. » Suivent alors des invocations qui s’adressent, chez Sethi Ie", à soixante-quinze formes différentes du dieu Ra.
La majeure partie de la décoration des chambres est empruntée à deux ouvrages qui ont pour titres : « Livre de connaître ce qu’il y a dans la « Touat », et « Livre des Portes ». Tous deux sont consacrés à une étude systématique et minutieuse des régions infernales. La pensée égyptienne s’y révèle d’une extrême subtilité pour découvrir le détail de ces régions de l’au-delà. De plus, ces écrits n’ont pas été composés en une fois ; ils sont l’œuvre de théologiens qui ont cherché à combiner des doctrines venues de diverses parties de l’Egypte, de diverses écoles sacerdotales et correspondant, vraisemblablement, à des couches très distantes l’une de l’autre, de la pensée religieuse des Egyptiens primitifs.
Et d’abord, on peut se demander où se place le monde de la nuit ? Les uns y voient un univers souterrain qui est la réplique inférieure de notre terre. Dans cette conception, le soleil qui apparaît à l’Orient, monte au zénith à midi, descend à l’Occident et passe sous la terre pendant la nuit. Pour d’autres, au contraire, la Touat se trouve à peu près au même plan que notre monde, enfermée dans les montagnes. D’après ce système, auquel s’était rallié Maspero, le soleil disparaît dans la montagne d'Occident, chemine mystérieusement vers le Nord pour gagner ensuite l’Est où 1l sort des souterrains.
Pour les deux livres dont nous venons de citer les titres, la conception générale est identique. L’autre monde est conçu à peu près comme l’Egypte elle-même. Au centre coule le fleuve entre deux rives habitées ; c’est pourquoi les scènes sont divisées en trois registres’ : celui du centre est réservé avant tout à la barque solaire, tandis que, au-dessus et au-dessous, c’est-à-dire sur les rives, on représente les habitants de chaque région.
Les divisions principales sont les mêmes, car la Touat comporte douze contrées distinctes ; chacune d’elles correspond à une heure de la nuit. Au premier livre, la répétition de la barque solaire indique, indépendamment de l’étude des textes, que l’on est passé d’une heure à une autre ; pour le second, chaque région est séparée de la suivante par une porte. A la première heure celle-ci est toute simple ; un serpent, dressé sur sa queue, la garde (fig. 234). Aux autres heures, les portes prennent un aspect monumental. On remarquera sans difficulté les chicanes destinées à compliquer le passage pour celui qui voudrait le forcer sans droit, les serpents qui gardent l’entrée, les uræus qui crachent du feu. Seul, celui qui possède les amulettes et les mots de passe, réussit à fran-. chir le seuil redoutable. On ne s’explique pas pourquoi les différentes heures
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ne sont pas figurées en ordre régulier. Il est vraisemblable que certaines d’entre elles avaient une vogue particulière, car on les retrouve plus souvent que d’autres. La tombe qui donne l’édition la plus SU E de la Touat, celle de Sethi I°", n’a pas la douzième heure.
Passons à l’examen de quelques exemples typiques de l’un et de l’autre livre. Dans la chambre qui s’ouvre à gauche de la salle du sarcophage de Seth1 I°;, et où se trouve une grande banquette destinée aux offrandes, on voit, en édition bien détaillée, la sixième heure de la Touat à droite, la septième à gauche et la huitième au fond. Lisons la description qu’en donne le Baedeker : « Sixième heure (fig. 235). Au milieu : la barque solaire ; devant elle, Thout (à tête de cynocéphale, son animal sacré), tenant à la main un 1bis, son animal sacré également, ainsi qu’une déesse tenant les pupilles des yeux d’Horus. Le reste est OCCUPÉ par une maison, où il y a seize génies et où gît le dieu Khepre, entouré d’un serpent à cinq têtes. De ces seize génies, quatre représentent les rois de la Haute-Egypte, quatre ceux de la Basse-Egypte, et les autres sont en forme de momies. En haut et en bas : encore des génies ; on remarquera, en bas, le serpent dont le dos porte les têtes des quatre génies funéraires, neuf serpents avec des glaives et lançant des flammes par la gueule ; tous doivent anéantir les adversaires du soleil.
» Septième heure : Le Soleil dans la barque solaire, où se voit à la proue Isis, qui doit chasser les démons par ses formules magiques. Devant la barque, la déesse Selqet et un dieu ont vaincu un gros serpent. Plus loin, quatre déesses avec des glaives et les tombeaux des dieux Atoum, Khepre, Ré et Osiris ornés de têtes humaines. — En haut : différents génies et démons : un serpent androcéphale ; un dieu (la « chair d’Osiris »), assis sur un trône sous un serpent ; trois ennemis d’Osiris décapités par un dieu léontocéphale ; un dieu, tenant par une corde trois adversaires couchés sur le sol; trois oiseaux à têtes d’hommes couronnées, etc. — En bas : Horus, précédé de douze dieux stellaires, qui accompagnent le Soleil dans la nuit ; douze déesses stellaires se rendent au tombeau d’Osiris, sur lequel se voit un crocodile. La tête du dieu me du tumulus.
» Huitième heure. Au milieu : la barque solaire tirée par huit personnages : ; devant eux, neuf personnages de la suite de Ré, représentés par l’hiéroglyphe «suivre», auquel une tête est fixée. La procession est précédée de quatre béliers, formes du dieu Tatenen. — En haut et en bas : les demeures des dieux et des génies morts, dont les portes s’ouvrent à l’approche du dieu et où les ressuscités deviennent visibles. On voit, en haut, dans chaque demeure, trois dieux ; en bas, des serpents et d’autres génies. »
Choisissons comme exemple du Livre des Portes le quatrième chapitre, qui se trouve dans la première salle à piliers, à gauche. Il contient le tableau ethnographique dont nous avons signalé l’importance : « On voit d’abord la quatrième
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