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CHAPITRE XVIII. LA DESCENTE AUX ENFERS

FIG. 236. (Phot. Gaddis.) TOMBEAU DE SETHI Ier. La neuvième heure du Livre de la Touat.

porte, surveillée par le serpent Tekehor. Au registre central : la barque solaire, tirée par quatre personnages. Devant elle, des génies avec un serpent qui se déroule, trois ibiocéphales et neuf autres dieux («les génies des hommes qui sont dans l’Hadès ») ; à droite, un dieu avec un sceptre. Au registre supérieur : des personnages saluent le dieu, d’autres tiennent une corde enroulée. Au registre inférieur, à gauche : Horus ; devant lui, les représentants des quatre principaux peuples connus des anciens Egyptiens : quatre « hommes », c’est-à-dire les Egyptiens, quatre Asiatiques à barbe pointue et pagne bariolé, quatre nègres et quatre Libyens, reconnaissables aux plumes sur la tête et aux tatouages. Plus loin, des génies avec un serpent qui porte les hiéroglyphes du mot «temps », etc. »

Le soleil, qui parcourt ces terres mystérieuses, agit à la manière d’un souverain bienveillant à l’égard de ses sujets. Dans chaque province où il arrive, il règle les affaires, distribue des terres à ses vassaux à charge de les cultiver. Aussi, dans chaque heure où il pénètre, 1l adresse des discours, il installe les nouveaux arrivés qui, probablement, ont pu faire route sur la barque solaire jusqu’à l’endroit qui leur était assigné. Le voyage du dieu est semé d'obstacles ; nous avons vu le grand serpent vaincu et rendu impuissant dans ses tentatives d’anéantir le dieu solaire. Celui-c1 illumine de ses rayons, pendant la durée d’une heure seulement, chacune des contrées qu’il traverse ; lorsqu'il a franchi la porte, les ténèbres reprennent leur empire.

Maspero, à qui nous devons l’étude la plus minutieuse de la composition de ces livres, a montré d’une manière ingénieuse, comment on avait combiné artificiellement, dans le livre de la Touat, des éléments empruntés à des centres religieux divers. Théoriquement, avant la période d’unification des croyances, chaque province avait sa doctrine sur l’enfer et le dieu des morts. Dans un livre de basse époque, un jeune magicien conduit son père dans l’enfer de Memphis, et après lui en avoir expliqué toutes les particularités, il ajoute que « ces choses que tu vois dans l’Hadès de Memphis, se produisent dans les quarante-deux nômes (ou provinces) où sont les dieux du conseil d’Osiris ». Lorsqu’on a élaboré la doctrine thébaine d’Amon-Ra, il semble qu’on ait voulu annexer au royaume souterrain de ce dieu les enfers des principales divinités de l’Egypte.

La première heure est une sorte de vestibule où le dieu quitte la barque qui lui a servi pendant le jour, pour monter dans une autre. C’est une région intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts. À la deuxième et à la troisième heure nous sommes dans le domaine du dieu Khent-Amentit, dans la région d’Abydos. À la quatrième et à la cinquième heure le soleil parcourt les domaines propres de Sokaris, maître des sables, le dieu des morts de la région de Memphis.

De la sixième à la neuvième heure, le soleil traverse particulièrement les régions d’Osiris dans la partie Nord et Nord-Est du Delta. La dixième heure, où domine l’eau, la onzième où domine le feu, appartiennent à un monde infernal appelé Agarit, qui se rapproche de la région où le soleil va surgir à l’horizon. C’est à la douzième heure qu’on assiste à la naissance du soleil nouveau. Nous avons dit que l’hypogée de Seth1 1°" ne contenait pas cette douzième heure. Nous pouvons aller la voir au tombeau d’Aménophis II (fig. 237). Dans la chambre du sarcophage, on s’est contenté de peindre les heures de la nuit sur la muraille, avec la sobriété un peu sommaire de ces manuscrits sur papyrus dont une copie accompagnait sans doute la momie. La scène est aisée à découvrir, car elle se termine vers la droite par une ellipse le long de laquelle se trouvent inscrits des bras et des mains. On verra également, à droite en bas, une momie : c’est le corps du soleil défunt qui a cessé de lui servir et qui est

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