‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 125 sur 137 · CHAPITRE XVIII. LA DESCENTE AUX ENFERS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. LA DESCENTE AUX ENFERS

le roi est encore toujours appelé l’Osiris, bien qu’on lui impose de se soumettre au jugement, devant le tribunal du dieu même. Il devra réciter la fameuse confession négative pour affirmer qu’il est pur de tous les péchés qui pourraient lui interdire l’accès de la terre des bienheureux. On peut lalire chez Ramsès IV, Ramsès VI, Ramsès IX. Le jugement se reconnaît encore dans la chambre du sarcophage chez Horemheb. Osiris est assis sur son trône, tenant son sceptre

et la croix de vie.

Devant lui est dressée la balance dont le support est une momie. À BEKtrémuité de la scène, un cynocéphale, emblème du dieu Thot, chasse à coups de verge un pourceau qui figure le dieu Seth, ennemi d’Osiris.

Ilestutile de remarquer que les textes qui accompagnentcettescène Ronten écriture mystérieuse dont toutes les complications n’ont pas encore été entière-

FIG. 238. | (Phot. Gaddis.) TOMBEAU D’AMÉNOPHIS II. La quatrième heure du Livre de la Touat.

ment débrouillées. Il est dit, entre autres, que les âmes des méchants seront coupées en morceaux ; c’est une allusion à ces chaudières infernales gardées par des divinités armées de couteaux, dans lesquelles sont plongés les damnés, et leurs âmes représentées sous des formes diverses. |

Seth joue, à l’égard d’Osiris, le même rôle que le serpent Apopi à l’égard de Râ. Mais si l’on n’avait pas reculé devant la représentation du grand serpent enchaîné et réduit à l’impuissance, on trouvait l’image de Seth intolérable dans la tombe. Il en est résulté un grand embarras pour les scribes chargés de la décoration du tombeau de SethiI°r, dont le nom signifie « Celui de Seth ». Devenu Osiris, le roi mort pouvait difficilement se déclarer l’homme de Seth. On a tourné la difficulté en remplaçant tout simplement l’image du dieu abhorré par celle d’Osiris même, ce qui n’a pas manqué d’intriguer singulièrement ceux qui, les premiers, cherchèrent à déterminer le nom du propriétaire de

se T a cette tombe. Ce rôle hos-

AH tile de Seth fut accentué

ee 2 aux époques récentes ;

c’est d’alors que date la

mutilation des images du

dieu dans la plupart des monuments égyptiens.

Le Livre de la Touat etle Livre des Portes n’ont pas épuisé la fantaisie des compilateurs de guides pour le monde infernal. Aux tombeaux de Ramsès VI et de Ramsès IX, des murs entiers sont couverts d’épisodes empruntés à un autre ouvrage, encore plus mystérieux, décrivant la descente du soleil dans le cercle le plus secret des enfers (fig. 239). Le spectacle du roi se promenant dans les cavernes où sont torturés les damnés, évoque irrésistiblement le souvenir du voyage infernal de Dante (fig. 241).

On attend encore l’explorateur sagace qui nous découvrira la signification précise de toutes ces te aux combinaisons de plus en plus extravagantes.

En général, ces livres donnent l’impression d’appartenir à des doctrines relativement récentes ; du moins, nous n’en avons jusqu’à présent découvert aucune trace dans la littérature religieuse des hautes époques. Il n’en est pas de même pour le rituel de l’ouverture de la bouche. Celui-ci se rattache aux plus vieilles doctrines de l’Ancienne Egypte. Sur les parois d’un des couloirs de Sethi Ier on peut lire le texte complet, prières et scénario, présenté en petits tableaux montrant l’attitude des célébrants à chacune des phases de la cérémonie. La statue du roi, placée sur un tas de sable, constitue-le centre des évolutions des prêtres qui, jouant le rôle du fils, de l’ami, des serviteurs du défunt, cherchent à persuader l’âme désincarnée qu’elle a retrouvé

FIG. 230. (Phot. Gaddis.) TOMBEAU DE RAMsÈs VI. Les régions infernales.

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