TOMBEAU DE SETHI I®. LA SALLE D'OR
. Burton.)
(Phot.
et plaça la Majesté de Râ sur son dos. Quand ceux des hommes qui n’avaient pas été tués vinrent rendre grâce à Râ, voici qu'ils ne le trouvèrent plus dans son palais, mais une vache était debout, et ils l’aperçurent sur le dos de la vache... Celle-ci se leva, s’arc-bouta de ses quatre jambes comme d’autant de piliers : son ventre, allongé en plafond au-dessus de la terre, forma le ciel. Lui cependant, s’occupait d’organiser le monde nouveau qu’il découvrait sur le dos; il le peuplait d’êtres nombreux, y choisissait deux cantons pour y établir sa résidence : le Champ des Souchets — Sokhit Ialou — et le champ du repos —Sokhit Hotpit, — y suspendait les étoiles qui devaient éclairer les nuits. Nouît, transportée soudain à des hauteurs inaccoutumées, s’effarait et criait au secours : « Donne-moi, par grâce, des étais pour me sou- » tenir! » Ce fut le commencement des dieux étais. Ils vinrent s’installer chacun à côté de l’une des quatre jambes, qu’ils consolidèrent de leurs mains et près de laquelle ils ne cessèrent plus de monter la garde. Comme ils ne suffisaient pas encore à rassurer la bonne bête, Râ dit : « Mon fils Shou, place-toi sous ma fille » Nouît, et, veillant pour moi sur ces étais-ci et sur ces étais-là, qui vivent dans le » crépuscule, maintiens-la au-dessus de ta tête et sois son pasteur! » Shou obéit, Nouît se rasséréna, et le monde, muni du ciel qui lui avait manqué jusqu'alors, reçut enfin la forme harmonieuse que nous lui connaissons (34). »
Ajoutons que, pour aider le roi dans ses pérégrinations d’outre-tombe, on lui a donné parfois des catalogues de divinités. Chez Thoutmès IIL, 1l n’y a pas moins de cinq cent quarante dieux et génies classés soigneusement en de pus cases, leur nom inscrit au-dessus de leur figure.
N'est-ce pas une véritable descente aux enfers que la visite de ces tombes? Dans ces dernières années, l’introduction de la lumière électrique, favorable il est vrai à la bonne conservation des monuments, a fait évanouir une partie de l’impression de cauchemar que l’on éprouvait lorsque, une bougie à la main, on allait à la découverte de ces terreurs. On finissait par en éprouver une véritable hantise et, lorsqu’on revenait à la lumière du soleil, en respirant largement l'air pur de la vallée, on avait vraiment la sensation d’avoir été dans le monde des morts et d’avoir pu, grâce au guide détaillé et grâce aux bonnes formules, réussir le périlleux voyage pour renaître à la vie terrestre.
ET ANOIOANE
US Ÿ x s JS Ÿ ST ea à SS & ; x Ÿ à à
pharaons. Mais il est bien certain que les Egyptiens, même les grands personnages, ne pouvaient aspirer à la destinée de leur maître. La vaste nécropole dont nous avons parcouru les différents quartiers va nous apprendre quelles étaient les croyances générales sur le bonheur d’outre-tombe.
C’est un devoir de sécurité sociale de veiller à ce que les morts reposent en paix ; qu'ils ne viennent pas contester aux vivants l’héritage qu’ils ont dû abandonner. Il s’établit entre les vivants et les morts un contrat en vertu duquel le mort devient sans droit si les vivants ont fait pour lui les choses prescrites. Les tableaux des tombes sont, en somme, l’application des procédés destinés, d’une part, à procurer aux morts une véritable béatitude et, d’autre part, à mettre les vivants à l’abri des attaques malfaisantes des esprits désincarnés. Mais de nouveau, dans ce domaine où les coutumes viennent des âges les plus lointains, il n’est pas possible de découvrir une doctrine unique. Les Egyptiens, très conservateurs, n’ont pu se résoudre à élaguer, à clarifier, à mettre de l’ordre afin de dissocier le faisceau des prescriptions diverses, sinon contradictoires, pour s’en tenir à une seule, bien définie. Aussi n’est-il pas
facile de classer en quelques catégories fondamentales les innombrables repré-
sentations des tombes.
Commençons par examiner les scènes qui se placent « chronologiquement »
depuis le moment de la mort jusqu’à l’arrivée au tombeau. Un Egyptien meurt.
Le
Dès l’instant où son âme (que l’on concevait de diverses manières) se sépare
. de son enveloppe corporelle, les parents et les amis font préparer soigneuse-
ment le corps pour en assurer la conservation indéfinie. Cela prend plusieurs semaines pendant lesquelles on choisit le mobilier destiné à la tombe. Celui-ci est constitué de pièces fort diverses. Les unes sont des objets spéciaux n’ayant probablement leur emploi que dans le tombeau ; les autres, au contraire, sont des fac-simile plus ou moins soignés des meubles qu’avait employés le défunt. Souvent même on réserve pour le tombeau quelques objets réels.
C’est aussi le moment de fabriquer ces statues funéraires destinées au temple ou à la tombe. Chez Nefer-Renpet (n° 178), dans les ateliers du temple
d’Amon on sculpte, on peint les statues funéraires et même un masque de momie. Chez Ipouy (n° 217), nous avons relevé la fabrication d’un tabernacle et d’un catafalque. Bien d’autres tombes possèdent des scènes de ce genre.
Lorsque tout est prêt, les funérailles ont lieu. Le cortège funèbre quitte la maison du défunt et se dirige vers le fleuve. Là, on procède à l’embarquement. Le passage du Nil est souvent figuré dans les tombes. Chez Menna (n° 69), on voit toute la série des barques : celle du catafalque avec le lit funèbre où repose le cercueil, d’autres pour les nombreux serviteurs chargés du mobilier, les invités, les pleureuses, les prêtres ; les figurants de toute espèce se casent tant bien que mal, parfois même sur le toit des cabines. Le bateau qui transporte le catafalque et les statues funéraires est traîné à la remorque. Les autres embarcations sont, le plus souvent, manœuvrées à la rame ; parfois cependant, elles montrent une grande voile tendue. Sur la rive gauche, le cortège reprend sa marche en bon ordre, défilant sur une route bordée de constructions légères garnies d’offrandes alimentaires, peut-être destinées à l’apaisement des esprits.
Au tombeau, c’est la séparation définitive entre le corps momifié et l’âme désincarnée. Jusqu’à ce moment rien ne s’opposait, tout au moins en théorie, à ce que l’âme reprenne son enveloppe charnelle. Dorénavant, c’est la statue qui est le corps d’éternité et il s’agit d’y fixer l’esprit errant : c’est le but de Ia cérémonie de « l’ouverture de la bouche » dont nous avons marqué la SES fication, à propos des hypogées royaux.
Au tombeau de Khonsou (n° 31), nous avons examiné déjà la représentation de la tombe adossée à la montagne (fig. 243). Tout près, se dresse la stèle (on l’a représentée plus grande que l’édifice funéraire afin de pouvoir y inscrire les formules). De chaque côté, de grands bouquets sont fichés en terre. Deux momies sont placées debout. Il ne s’agit pas de momies réelles, mais de statues qui les représentaient. Il est peu vraisemblable qu’on ait dressé le corps même au moment de la mise au tombeau et d’ailleurs le rituel dit expressément que la cérémonie s’exécutait sur une statue. Les pleureuses se lamentent, les prêtres versent des libations, brûlent de l’encens, tandis que le récitant lit sur son rouleau de papyrus les formules appropriées. Sur une table sont déposés les nombreux accessoires que les prêtres utiliseront au cours de la cérémonie. Signalons, à la tombe de Khaemhat (n° 57), une étrange variante de la scène : Le groupe de pleureuses se lamente et se livre à des gesticulations, tandis que le prêtre fait des sacrifices. Mais où est la statue du défunt? Sous un kiosque nous ne voyons qu’un siège sur lequel on a posé une gerbe de fleurs, et devant lui un grand bouquet (fig. 244).
Quelques tombes nous montrent en outre des scènes empruntées à un rituel plus incompréhensible. Chez Rekhmara (n° 100), chez Menna (n° 69), chez Mentou-her-khepeshef (n° 20), ce sont de véritables mystères dont personne jusqu’à présent ne peut se vanter d’avoir découvert la signification précise.
TV
Ds ue
El nés: ni TE
RE ee à
béhe or ÉD