‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 129 sur 137 · TOMBEAU DE SEBEKHOT EP. LE BASSIN ET LES ARBRES-FÉES · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE SEBEKHOT EP. LE BASSIN ET LES ARBRES-FÉES

prouver que nous avons quitté le monde des vivants pour passer dans les terres divines.

Une part de la décoration des tombes se rattache au « Livre des Morts », ce grand répertoire de formules, de prières, de prescriptions rituelles, de conseils au défunt pour le guider dans ses pérégrinations d’outre-tombe jusqu’au moment où, après avoir subi le jugement d’Osiris, 1l sera pourvu de terres dans les champs d’Ialou. Bornonsnous à quelques exemples typiques de cette catégorie de représentations.

Chez Sennedjem (n° 1),un mur, particulièrement bien conservé, nous montre les champs d’Ialou (fig. 250).

C’est un pays fertile découpé en un certain nombre d’iles, d’une végétation luxuriante.

Sennedjem et sa femme se livrent avec ardeur aux travaux agricoles ; ils labourent et ensemencent les champs “ ils arrachent le lin par poignées ; Sennedjem,armé d’une faucille, coupe les épis de blé tandis que sa femme, un panier à la main, remplit consciencieusement ses fonctions de glaneuse. Sur un autre panneau de la même tombe, nous

FIG. 249. (Phot. H. Burton.) TOMBEAU NAKHT. avons des textes et des Offrandes à la Stèle. à

absolument semblables aux exemplaires sur papyrus déposés près des momies (fig. 251).

Chez Menna (n° 69), il y a une représentation bien conservée du urnes de l’âme, ou plus exactement de la pesée du cœur. Rappelons le bas-relief du temple de Deir el Medineh, qui nous fait assister au jugement d’Amenhotep, fils de Hapi.

vignettes du Livre des Morts

Parfois, mais plus rarement, nous trouvons parmi les représentations la …

barque solaire ; cela nous rapproche de la conception qui domine dans les sépul-

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tures des rois. Exceptionnellement, on signale dans l’une ou l’autre tombe civile, les textes du Livre de la Touat, si fréquents, au contraire, dans les hypogées de Biban el Molouk.

Il nous reste à porter notre attention sur les inscriptions nombreuses qui accompagnent les scènes, qui bordent ou traversent les plafonds, qui encadrent les portes et dont les formules, souvent banales, nous permettent cependant d’entrevoir l’idée moyenne qu’on se faisait de la mort. Généralement, dans les tombes thébaines, 1l y avait une stèle à chaque extrémité de la première chambre, mais dans la plupart des cas les murs portent d’affreuses traces de mutilations. La plus grande partie des textes est composée de prières ; on peut quelquefois y glaner des renseignements historiques. Le défunt, en effet, dans une phraséologie presque toujours pompeuse, décrit les étapes principales de sa carrière, en insistant sur les faveurs royales. Le plus souvent, les stèles se bornent à un éloge du mort dont on vante les qualités exceptionnelles. Cependant, ces qualités se répètent d’une tombe à l’autre avec la régularité d’une formule de style.

À en croire ces biographies de circonstance, les Egyptiens auraient été les meilleurs des hommes, passant leur vie à faire le bien. Ils donnaient à manger à ceux qui avaient faim, à boire à ceux qui avaient soif, convoyaient ceux qui n'avaient pas de bateaux, réchauffaient ceux qui avaient froid. Certains se vantaient d’avoir été le père de l’orphelin, le mari de la veuve, le secours des malades ; ils donnaient la sépulture à ceux qui mouraient sans enfants et n'avaient personne pour leur rendre les derniers devoirs. Tout cela 1ls l’ont fait pour que le dieu les récompense, mais aussi afin de laisser une bonne renommée. C’est un « do ut des », car on passe sans transition à un appel aux visiteurs de la tombe : «O vous qui passez par ici et qui lisez cette stèle ou qui l’entendez lire si vous êtes 1llettré, récitez la formule d’offrande pour l’âme du défunt. » Puis vient l’énumération, parfois interminable, des biens dont on conjure les dieux de gratifier le propriétaire.

Citons quelques exemples typiques de ces inscriptions. Anena (n° 81), l'architecte de Thoutmès Ier, s’exprime de la sorte : « Mon corps, après ma mort, repose dans ma tombe de la nécropole ; mon âme sort, elle se répand sur la terre, parcourt son Jardin à son gré ; je me transforme et sors pendant le jour, je me rafraîichis sous les sycomores et me rassasie de ce que Nout a créé,

je bois de l’eau à mon plaisir et les gardiens des portes de l'Ouest ne me repous-.

sent pas. Si je vous dis cela c’est afin que chacun le sache. Il n’y a aucun mensonge, J'ai dit la vérité sans tromperie. Voyez donc mon excellence et faites de même. Cela vous sera utile et vous prospérerez sur la terre, pleins de santé, vos années se passeront dans la joie du cœur et vous transmettrez vos dignités à vos enfants lorsque vous irez reposer dans vos tombes. »

Dans la sépulture d’Amenemhet (n° 82), les textes peints au plafond de la

beautés, qu’elle t’accueille lorsque tu viendras après des années pleines de considération, qu’elle te donne une place parmi ses fidèles, ceux qui vivent éternellement.

Ce

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