‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 18 sur 137 · LOUXOR. LES NILS DÉCORANT LE SIÈGE D’UN DES COLOSSES · texte numérisé non relu

LOUXOR. LES NILS DÉCORANT LE SIÈGE D’UN DES COLOSSES

» Je tourne ma face vers le Sud et j’accomplis un prodige pour toi; je fais que les chefs de Koush, la vile, viennent à toi portant leurs tributs sur leur dos.

» Je tourne ma face vers le Nord et J’accomplis un prodige pour toi; je fais que les contrées des extrémités de l’Asie viennent à toi, portant leurs tributs sur leur dos ; ils se présentent eux-mêmes à toi avec leurs enfants afin que tu puisses leur accorder le souffle de vie.

» Je tourne ma face vers l’Occident et j’accomplis un prodige pour toi; je t’accorde de maîtriser les Tehenou (de Libye) au point qu’il n’en reste guère. Ils construisent cette forteresse (le temple) au nom de ma Majesté, entourée de grands murs qui atteignent le ciel, colonisée par les enfants des chefs des habitants de Nubie.

» Je tourne ma face vers le lever du soleil et j’accomplis un prodige pour toi ; je fais venir à toi les contrées de Pount, chargées de toutes les plantes odorantes de leur pays. Ils supplient qu’on leur accorde la paix et qu’on leur octroie les souffles que tu donnes. »

Sous Sethi I°", le même texte est repris, mais avec des variantes. Le dieu dit par exemple : « Je tourne ma face vers le Nord et j’accomplis un prodige pour toi, d’écraser tous les pays étrangers, de réprimer les révoltes en leurs retraites par la puissance de ton glaive. J’accorde que viennent à toi les pays qui ignoraient l’Egypte, apportant leurs tributs, chargés d’argent, d’or, de lapis-lazuli, de toutes les pierres précieuses de la terre divine », etc.

Amon se tourne finalement vers le ciel et vers la terre pour susciter, au bénéfice du roi, d’autres prodiges encore.

L’orgueil d’un Thébain devait être aussi grand que, plus tard, celui de l’homme qui pouvait dire : « Je suis citoyen romain. » On en surprend l’écho en des hymnes du Nouvel Empire conservés en partie sur un papyrus du Musée de Leyde, et qui chantaient la gloire de Thèbes. Le sujet était inépuisable et avait prêté à la composition d’un recueil poétique qui prétendait renfermer mille chants. « Thèbes, y disait-on, est la maîtresse des villes, plus puissante que toutes les autres. Elle a donné tout le pays à un seul maître grâce à sa victoire, elle qui a saisi l’arc et les flèches (voir la déesse de Thèbes au relief de Sheshonk). On ne combat jamais dans ses environs, car sa force est trop grande... Thèbes est plus parfaite que toutes villes ; à l’origine, l’eau et la terre existaient en elle ; le sable s’est transformé en terre cultivable afin de créer son sol sur la butte du commencement du monde, et c’est ainsi que l’univers vint à l’existence. Toutes les villes sont fondées en son nom, car on l’appelle « la ville », et toutes les autres sont sous sa surveillance. toutes les cités sont sous son ombre et se glorifient par Thèbes. C’est la déesse des lettres, scribe de la grande Ennéade divine qui fut appelée à établir le document légal, preuve de l’autorité de Thèbes. La déesse n’a fait qu’enregistrer la volonté du dieu Atoum, parlant de sa propre bouche et d’un cœur aimant. »

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