‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 24 sur 137 · KARNAK. VUE INTÉRIEURE DU TEMPLE DE KHONSOU · texte numérisé non relu

KARNAK. VUE INTÉRIEURE DU TEMPLE DE KHONSOU

(Phot. Gaddis.)

façonnant les dieux du domaine, des sculpteurs, des chefs des orfèvres, des directeurs des artisans, des directeurs des constructeurs de bateaux, des chefs de tisserands. Pour les constructions, il y avait des chefs de travaux dans les monuments du roi, des chefs de travaux dans Karnak. Mentionnons également l’astronome, les officiers des troupes d’Amon, puis enfin, l’innombrable armée des scribes dont certains portaient le titre de scribes des écritures divines.

Tout ce personnel est aux ordres d’Amon incorporé dans les statues divines. Mais quel rapport est-il possible d'établir entre les images multiples qui se trouvaient au temple? Nous avons dit précédemment que chaque représentation du dieu était animée par une émanation divine ; mais 1l est certain qu’une des idoles pénétrée d’une vertu supérieure méritait ainsi d’être appelée la « grande » idole d’Amon. C'était vraisemblablement une figure de petites dimensions, faite de matériaux précieux, d’or incrusté de pierres fines comme disent les textes. Elle était ordinairement placée dans un tabernacle enfermé lui-même vers le fond du temple dans une salle que nous pouvons appeler le «Saint des Saints ». Souvent elle était placée dans l’arche qui reposait sur un support au centre d’une salle spéciale appelée le sanctuaire des barques. On en voit la reproduction, non seulement sur les murs de cette salle, mais également dans les scènes de processions. On la voit aussi sur les murs des reposoirs : à Karnak, dans une construction de Sethi II à l’angle Nord-Ouest de la première cour; à Louxor, derrière le massif Ouest du 1°’ pylône, édifié par Ramsès II.

C’est à la salle hypostyle de Karnak, dans les bas-reliefs de Ramsès II (fig. 48) qu’on trouvera les représentations les plus claires de l’arche d’Amon. Le bateau, au centre duquel repose un tabernacle, a la forme bien caractéristique des bateaux du Nil dont la proue et la poupe sont fortement relevées. Les deux extrémités s’ornent de têtes de béliers surmontées du disque solaire et chargées de bijoux, colliers, guirlandes et pectoraux. Le tabernacle est placé sous un baldaquin ; sa corniche est décorée de figures divines constituant des rébus hiéroglyphiques. Les parois latérales sont couvertes de scènes mystiques parmi lesquelles on remarquera le dieu à tête de bélier sortant d’une fleur de lotus, ce qui est une allusion à l’identification d’Amon avec le soleil. A l’avant du bateau, des déesses jouent le rôle de pilotes, tandis qu’un sphinx, dressé sur une enseigne, est prêt à mettre les adversaires en déroute. De petites figures royales s’agenouillent devant le dieu et lui versent une libation ; une autre manœuvre le gouvernail. L’arche est placée sur un traîneau permettant, théoriquement au moins, de la faire glisser sur le sol. Ce sont encore de petites figures royales qui maintiennent le bateau sur le traîneau. Quatre personnages acclament le dieu ; dans le premier on reconnaît le roi, derrière lequel sont les génies de Pe à tête de faucon. Il y a également des déesses qui battent des mains pour accompagner les acclamations : ce sont les Merit, déesses musi-

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