KARNAK. MUR SUD DU SANCTUAIRE DES BARQUES
(Phot. Beato.)
qui détermine le scénario du sacrifice et la récitation des formules. On change le nom du dieu, mais on ne va pas jusqu’à modifier, par exemple, dans la description de la coiffure, les détails qui, cependant, n’ont de signification propre que lorsqu'il s’agit d’Amon.
Moret, qui a consacré à ces questions un ouvrage d’ensemble, résume de la manière suivante le sacrifice journalier : « Les formules et les gestes sont destinés à être dites ou exécutés par le prêtre de service (le prêtre en son jour). Théoriquement, ce prêtre est le roi en personne, qui célèbre le culte divin, comme fils et successeur des dieux. Mais, en fait, le roi, ne pouvant officier tous les jours ni dans tous les temples simultanément, délègue ses pouvoirs au « grand prêtre de service. » Celui-ci, dépouillant sa propre personnalité, devenait le substitut du roi, déclarait qu’il était Pharaon, ou spécifiait que « le roi l’avait envoyé auprès du dieu ». Dans les tableaux des temples, c’est aussi « le Pharaon lui-même » et nul autre, qui officie.
« L’objet auquel s’adressait le culte était la statue du dieu ; elle était généralement en bois doré, peint et incrusté de pierreries. Le culte de la statue divine comportait des gestes précis dont les tableaux nous donnent le détail, accompagnés de formules appropriées. Le cérémonial réduit à sa plus simple expression comprenait plusieurs parties : 1° Le roi ou le prêtre purifiait le sanctuaire et sa propre personne par des fumigations et des libations de nombre variable. 2° Il ouvrait le naos et se prosternait devant le dieu ; il purifiait la statue et la prenait dans ses bras pour lui rendre son âme. Puis, la porte du naos refermée, le roi sortait un instant. De nouveau le naos était ouvert, et de nouveau le roi se prosternait. »
Pourquoi cette double ouverture, qui semble une répétition inutile ? C’est que le pharaon réunit deux personnalités distinctes. Il est à la fois roi de la Haute et de la Basse-Egypte ; il doit donc faire deux fois la même cérémonie, en vertu de ce double caractère. .
« Une adoration plus développée suivait, accompagnée de la présentation d’offrandes choisies et de l’image symbolique de la déesse Mâït. 3° Le roi faisait la toilette de la statue divine : purifications, vêtements, fards, huiles, parfums, insignes, bijoux, de nombre variable. 4° Une dernière série de purifications, et après avoir apposé le sceau d’argile sur les portes, le roi quittait le sanctuaire.
» Les formules appropriées aux gestes sont souvent obscures, parce qu’elles font allusion à des faits que nous ne connaissons pas toujours ; mais elles n’ont en général aucune tendance à la poésie métaphysique, excepté dans quelques hymnes d’adoration qui ne font point partie intrinsèque du rituel. Au contraire, le sens des paroles est précis : les phrases en apparence mystérieuses prennent souvent une signification exacte quand on en recherche l’origine. Excepté celles qui sont en rapport avec le décor particulier et changeant de chaque temple, la