DE LA PROCESSION DE MIN
la description qu’en a donnée Daressy permet de suivre aisément tout le scénario :
rer tableau. — « Le roi apparaît comme le soleil brillant dans son palais. » «Sa Majesté se rend dans son palanquin vers la demeure de son père Min pour voir ses beautés (fig. 63). »
« Ramsès III sort du palais dont la porte est figurée au commencement du tableau. Il est assis dans une sorte de palanquin richement ornementé. Sur les côtés du siège se trouvent un lion et un sphinx ; les deux déesses Mât (la Vérité), debout derrière le dossier, enveloppent le roi de leurs ailes. Le souverain tenant les attributs royaux : la crosse, le fouet, le signe de la vie, a les pieds posés sur un coussin ; des figures de prisonniers ornent les montants du naos.
» Ce sont des fils du roi en costume militaire qui portent sur leurs épaules les brancards du palanquin.
» Le roi est entouré d’une nombreuse escorte. En avant et précédés de musiciens jouant du tambour, de la trompette et de la flûte, marchent des princes et grands officiers porteurs des insignes royaux. Un maître des cérémonies (kher-heb) déroule le formulaire « des cérémonies à accomplir devant le roi quand 1l se montre » ; des prêtres balancent l’encensoir devant le Pharaon.
» Après la litière du roi, entre les deux registres, on lit : « Le I Pachons, » fête de Min qu’on célèbre par une procession, le roi sort en palanquin, cou- » ronné du casque ; les habitants de la ville sont devant lui, munis de boucliers, » de lances, de poignards ; il se montre au-dessus de tous les compagnons amis, » serviteurs qui sont à sa suite, les enfants royaux et soldats sont derrière eux. »
On voit en effet d’autres personnages ; écuyers, courtisans, officiers et soldats suivre le Pharaon. Des gardes portent sur leurs épaules le socle et le marchepied du palanquin royal.
« 2° tableau. — Titre : « Le maître des cérémonies accomplit les rites pour » son père Min ; grande offrande à son père Min d’aliments solides et liquides : » bœufs, oies et toutes bonnes choses. »
« La statue du dieu est en place dans son naos ; des pains et des fleurs sont amoncelés sur un autel ; le roi purifie ces offrandes par l’encens et par l’eau qu’il verse d’un vase triple.
» 3° tableau. — Titre : « Faire sortir Min, seigneur de Sent, son fils Ramsès » étant devant lui, et aussi le taureau blanc : ce dieu a deux plumes sur la tête, » son cou est recouvert de bandelettes, sa marque (?) est sur son côté gauche. »
« Le roi à pied, coiffé de la couronne du Nord, précède en effet la statue du dieu que vingt-deux prêtres portent sur un brancard : des draperies brodées . retombent sur les côtés cachant entièrement le corps des porteurs. D’autres prêtres sont chargés des insignes du dieu : une sorte de paravent, une caisse dans laquelle croissent des arbres, ou bien portent des bouquets, des ombrelles, etc. Devant le roi marche le taureau sacré de Min auquel on présente l’encens. Audessus est gravé le texte de l’hymne chanté par le kher-heb lorsque Min apparaît.
CHAPIPRENVI LE CIELISUR LA TERRE
» 4° tableau. — Titre : « Le kher-heb dit l'hymne à Min avec le directeur » des chantres ; les habitants de Pount acclament ce dieu. Voici que les divinités » qui le servent sont devant lui et aussi les images des rois décédés qui l’ont » servi. Arrivée à l’autel de ce dieu, Sa Majesté pose de grandes offrandes pour » son père Min-Ka-mut-f. »
« Sept prêtres portent sur leurs épaules les statues de Ramsès III et de ses prédécesseurs ; d’autres serviteurs du temple sont chargés de pains et de vases à libations. On porte également les emblèmes sacrés de diverses divinités : chacals d’Ap-uatu, taureau, éperviers d’Horus, cynocéphale de Thot, lotus de Nefer-Toum, sistre d’Hathor, et les attributs royaux : sceptre, fouet, crosse, flabellum...
Puis, au mur Nord, «un maître des cérémonies, suivi d’une reine dont le
cartouche a été laissé vide, chante un hymne au dieu, en alternant avec le chef des chœurs. Ces stances ont probablement une origine très ancienne, malheureusement le texte est fort corrompu ce qui empêche d’en donner une traduction. Le dieu dont « la face est faite en lapis vrai » est surtout considéré comme fertilisateur des champs, producteur des récoltes. » 5° tableau. — Suite du titre explicatif : « Puis le taureau blanc étant devant Sa Majesté, pendant que les rois du Midi et du Nord décédés sont dans des chapelles à droite... on pousse les acclamations à ce dieu. À la parole du roi vivant et des rois du midi et du nord vient un servant. Il a apporté une lame de fer incrustée d’or, une faucille et une gerbe de blé qu’il donne au roi. Le moissonneur dit alors au roi à quatre reprises de faucher avec lui. Le roi, avec la faucille qui est en sa main, coupe les épis et les met devant Min. » « L’ordre des cérémonies selon la légende ne coïncide pas exactement avec celui dans lequel les scènes sont gravées sur la muraille ; le tableau correspondant à la description est interverti avec celui qui est expliqué après. On voit le taureau blanc avec le disque et les plumes entre les cornes, la bandelette sur le cou, au-dessus des statues de Ramsès III, Set-nekht, Seti II, Menephtah, Ramsès II, Seti Ier, Ramsès I, Hor-m-heb et Amenhotep III posées à terre. La reine figure également dans ce tableau. Le groupe principal a trait à la moisson du blé par le roi : celui-ci, la tête couverte du casque, tranche les épis de la gerbe de blé que le servant lui a apportée. Un autre prêtre prend alors les épis et « les met à terre devant ce dieu ».
« 6e tableau. — Titre : «Le roi, ayant fait sa moisson, passe vers l’autel qui est » devant lui au nord et tourne autour de l’autel. Il envoie deux prêtres avec les » oiseaux à gauche, et les installe en face de ce dieu, leurs visages retournés. » Alors deux prêtres ont des queues en main et accomplissent les cérémonies » devant les insignes ; puis le roi met en route les oiseaux en leur indiquant » leur voie. »
« Les scènes relatives à ce mystère sont intercalées entre celles de l’apport des
statues royales et celles de la moisson, elles sont présidées par le roi coiffé du pchent, un grand bâton et deux flèches dans une main, une sorte de houlette dans l’autre. Deux insignes sacrés du disque entre les plumes, sont fixés sur des hampes posées sur un socle ; les deux prêtres qui tournent la tête font semblant de piocher à la base de ces enseignes avec des queues de bœufs. Un maître des cérémonies tient le sceptre.
» Derrière eux un prêtre donne leur vol à quatre oies, pendant que le maître des cérémonies dit :
Amset le sud dire aux dieux du sud Hapi | le nord dire aux dieux du nord Duamutef ho ete | l’est dire aux dieux de l’est Kebhsenuf ] l’ouest dire aux dieux de l’ouest
que de même qu’Horus fils d’Isis a pris la couronne, le roi du midi et du nord Ramsès a pris la couronne. |
» 7° tableau. — Les cérémonies mystiques sont terminées ; le roi adore Min dans son naos : il lui présente l’encens et verse la libation sur les offrandes entassées sur l’autel (13). »
C'était la fête de Min-Amon, célébrée théoriquement au moment de la récolte, mais l’épisode final montre que c'était aussi la commémoration du couronnement. Les oiseaux chargés d’annoncer que Ramsès III a pris la couronne ne sont autres que les quatre enfants d’Horus. Le message qu’ils portent s'adresse aux dieux des quatre parties du monde. N'est-ce pas comme si nous étions encore au temps où les dieux régnaient sur la terre, avant l’organisation du ciel d’en haut, lorsque les humains étaient leurs sujets? En fait, peu de choses étaient changées. Pharaon, leur fils et successeur, occupait leur trône et avait la charge de maintenir leur héritage.
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