‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 40 sur 137 · VII. LE CHOC DES PUISSANCES · texte numérisé non relu

VII. LE CHOC DES PUISSANCES

E titre de fils de dieu crée au roi de nombreuses obligations. L’une d’elles est particulièrement importante : conserver et agrandir le domaine riche et prospère qu’il a reçu de ses ancêtres

7] divins. L'expansion de l'Egypte ne se réalise que par la volonté =" des dieux et à limitation de ce que ceux-ci ont fait pendant leur

règne terrestre. On conservait dans les temples, des traditions très précises sur

les guerres des dieux : à Edfou, c’étaient, par exemple, les campagnes victorieuses d’Horus combattant les ennemis de Ra.

Rappelons-nous les listes géographiques de Thoutmès III : « Sa Majesté a emmené les enfants des princes d’Asie comme prisonniers à Thèbes, à la suite de sa première campagne victorieuse et conformément aux ordres de son père Amon qui l’a guidé sur les beaux chemins. » Maintenir, étendre les limites du royaume, c’est le devoir fondamental d’un souverain consciencieux.

Au Moyen Empire, Sésostris III, après la conquête de la Nubie, s'exprime ainsi sur une stèle établie près de la quatrième cataracte du Nil : « Chacun de mes fils qui maintiendra cette frontière que Ma Majesté a établie, est vraiment mon fils, né de Ma Majesté, véritable fils qui est le champion de son père et qui conserve la frontière de celui qui l’a engendré. Quant à celui qui se montrerait négligent et qui ne combattrait pas pour celle-ci, ce n’est pas mon fils, il n’est pas né de mot. »

Lorsque Toutankhamon, décrit l’Egypte troublée par la révolution religieuse d’Aménophis IV, il remarque que la défaveur des dieux s’est manifestée par l’échec des entreprises militaires : « Si l’on envoyait des gens vers la côte de Phénicie pour élargir les frontières de l'Egypte, ils n’y pouvaient réussir aucunement. »

L’insuccès de ces entreprises était une marque de la colère des dieux. Lorsque les expéditions commandées par eux se terminaient victorieusement, le roi reconnaissait la faveur divine par d’abondantes libéralités au temple. Lorsque Ramsès II, au milieu de la bataille, s’adressera à son père Amon pour réclamer son assistance, c’est à juste titre qu'il dira : « Je t’ai offert le monde entier pour enrichir tes domaines. »

Des historiographes accompagnaient le roi dans ses expéditions. Thanouni,

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