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avoir participé aux expéditions glorieuses de son père, et 1l convenait que sa présence dans les bas-reliefs triomphaux fût enregistrée. Par suite de décès dans la famille royale, un prince, qui d’abord n’était pas appelé au trône, devint l’héritier. Immédiatement, on trouva qu’il était convenable de modifier le relief. C’est au registre médian, à droite de la porte de l’hypostyle, qu’on pourra surprendre nettement ces surcharges dans les documents historiques. À droite et à gauche du groupe représentant Sethi Ie" foulant aux pieds un Libyen et s’apprêtant à transpercer de son épieu le corps d’un autre, on a inséré les figures de jeunes princes à des endroits où se trouvaient autrefois des bandes verticales d’inscriptions ; à gauche, on peut même retrouver la trace de deux figures différentes superposées.
Malgré les victoires de Sethi Ier, Ramsès IT, dès le début de son règne doit conduire ses armées en Asie pour chercher une fois de plus à s’emparer de Kadesh. Cette ville, puissante forteresse sur l’Oronte, au Sud du lac de Homs a joué un grand rôle dans l’histoire égyptienne aux xVIII® et xIx° dynasties. Elle est le point d’appui des confédérations qui, à peine brisées, se rétablissent constamment ; le centre de ralliement des princes syriens qui, instigués et aidés par les Hittites, veulent se rendre indépendants de la suzeraineté de l'Egypte.
La marche sur Kadesh fut l’occasion d’un fait d’armes que Ramsès II a représenté à peu près sur tous les grands temples construits sous son règne. Peu d'événements de l’histoire de l’antiquité nous sont connus avec plus de précision. Il est même possible de faire la critique des documents et de reconstituer les événements d’une façon exacte, malgré les déformations que la littérature leur a fait subir. Nous avons en effet pour la bataille de Kadesh un bulletin militaire précis, ensuite un poème épique glorifiant l’épisode, enfin une «édition illustrée » de la victoire royale. à
Thèbes nous fournit plusieurs versions de ces documents. Le bulletin est gravé, au Ramesseum, au-dessus des bas-reliefs qui décorent le 1e pylône; a Louxor, on le trouve à la face Sud du pylône. |
En visitant le temple de Karnak, notre attention s’est portée déjà sur l’immense inscription du poème, sculpté au mur extérieur Sud de l’angle Sud-Est de la salle hypostyle. À Louxor, on peut le lire à la partie inférieure du grand pylône où il sert de légende au gigantesque bas-relief qui orne la face Nord (fig. 69).
Le thème général est le suivant : l’armée s’est avancée en pays ennemi. Sur la foi de faux rapports, Ramsès II croit ne pas avoir à redouter une attaque de ses ennemis ; il s’est porté rapidement en avant avec une seule division et a posé le camp à l’Ouest de Kadesh. Mais l’ennemi, caché derrière les murs de la ville, pénètre brusquement dans le camp; en quelques minutes celui-ci est entouré d’une nuée de chars. Le roi, sans se laisser déconcerter par la soudaineté de l’attaque, prend ses armes, monte sur son char et se précipite dans la mêlée. Voici comment s’exprime le poème : « Aucun prince n’était avec
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moi! aucun général, aucun officier des archers ou des chars. Mes soldats m’ont abandonné, mes cavaliers ont fui devant eux et pas un n’est resté pour combattre auprès de moi. Alors Sa Majesté dit : « Qui es-tu donc? O mon
père Amon! Est-ce qu’un père oublie son fils? Ai-je donc fait quelque chose sans toi? N’ai-je pas marché et ne me suis-je pas arrêté sur ta parole ? Je n’ai point violé tes ordres. Il est bien grand, le seigneur de l'Egypte, qui... les barbares sur sa route! Que sont donc auprès de toi ces Aamous? Amon énerve les impies. Ne t’ai-je pas consacré des offrandes innombrables ? J’ai rempli ta demeure sacrée de mes prisonniers ; je t’ai bâti un temple pour des millions d’années, je t’ai donné tous mes biens pour tes magasins. Je t’ai offert le monde entier pour enrichir tes domaines. J’ai fait sacrifier devant toi trente mille bœufs, avec tous les bois aux parfums délicieux... Je t’ai construit des pylônes de pierres, jusqu’à leur achèvement et j’ai moimême dressé leurs mâts. J’ai fait venir des obélisques d’Eléphantine et c’est moi qui ai fait amener des pierres éternelles! Des vaisseaux naviguent pour toi sur la mer, ils t’apportent les tributs des nations. O certes ! un sort misérable (est réservé) à qui s’oppose à tes desseins ; bonheur à qui te connaît, car tes actes sont produits par un cœur plein d’amour. Je t’invoque, Ô mon père Amon! Me voici au milieu de peuples nombreux et inconnus de moi ; toutes les nations se sont réunies contre moi et je suis seul de ma personne, aucun autre avec moi. Mes nombreux soldats m’ont abandonné, aucun de mes cavaliers n’a regardé vers moi, et, quand je les appelais, pas un d’entre eux n’a écouté ma voix. Mais je pense qu’Amon vaut mieux pour moi qu’un million de soldats, que cent mille cavaliers et qu’une myriade de frères ou de jeunes fils, fussent-ils tous réunis ensemble. L’œuvre des hommes nombreux n’est rien, Amon l’emportera sur eux. J’ai accompli ces choses par le conseil de ta bouche, Ô Amon! et je n’ai pas transgressé tes conseils : voici que je t’ai rendu gloire jusqu’aux extrémités de la terre ! » |
« La voix a retenti jusqu’à Hermonthis, Amon vient à mon invocation, il
me donne sa main. Je pousse un cri de joie, il parle derrière moi : « J’accours .
à toi, Ramsès Meriamoun! Je suis avec toi. C’est moi, ton père, ma main est avec toi et je vaux mieux pour toi que les centaines de mille. Je suis le Seigneur de la force, aimant la vaillance ; j’ai trouvé un cœur courageux et je suis satisfait. Ma volonté s’accomplira. Pareil à Month, de la droite, je lance mes flèches ; de la gauche, je les bouleverse. Je suis comme Baal, dans son heure, devant eux. Les deux mille cinq cents chars qui m’environnent sont brisés en morceaux devant mes cavales. Pas un d’entre eux ne trouve sa main pour combattre : le cœur manque dans leur poitrine et la peur énerve leurs membres. Ils ne savent plus lancer leurs traits et ne trouvent plus de force pour tenir leurs lances. Je les précipite dans les eaux, comme y tombe le crocodile : ils sont couchés sur leur face, l’un sur l’autre, et je tue au milieu d’eux. Je ne veux