‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 49 sur 137 · DES ENVAHISSEURS LIBYENS · texte numérisé non relu

DES ENVAHISSEURS LIBYENS

(Phot. Gaddis.)

des îles qui, en invasion tumultueuse, saccagent l’Asie Mineure, la Phénicie et marchent vers l’Egypte. Sur la tour Sud du même pylône un grand tableau illustre le résultat de la guerre. Amon reçoit deux groupes de Philistins prisonniers, caractérisés par leur coiffure à hautes plumes (fig. 75). Sur la face intérieure du 1°" pylône nous trouvons les premiers documents sur l’invasion de l’an xt (fig. 76). Cette fois l’inscription est placée au-dessus des reliefs. À droite, le roi charge les ennemis et les met en déroute (fig. 77) ; à gauche, Ramsès III, du haut d’une sorte de tribune, adresse la parole à ses généraux tandis que des scribes sont occupés à faire le compte des prisonniers d’une part, des mains coupées aux morts, d’autre part, de manière à établir la statistique des pertes infligées à l’ennemi (fig. 78).

Si nous sortons du temple nous trouvons, sur la tour Nord du grand pylône, entre les cavités réservées aux mâts, un poème consacré à cette même invasion de l’an x1. Voici quelques passages typiques : « Les (ennemis qui avaient violé ses frontières, le châtiment est tombé) sur eux ; ils sont abattus en Egypte, entourés, serrés, renversés, faits prisonniers ; l’haleine (de Sa Majesté brûle leurs os), ils sont calcinés, une fournaise est dans leur chair, leur parcours dans le pays a été comme une marche sur un piège ; leurs braves ont été massacrés sur la place qu’ils avaient foulée, leur bouche est fermée pour toujours ; abattus en une fois, ceux de leurs chefs qui sont pris sont enchaînés devant eux ; tels des oiseaux devant l’épervier, ton approche les fait se cacher dans des trous, tu te reposes sur, ils sont empêchés de mal faire une seconde fois, car leur existence s’est terminée sur les frontières de l'Egypte, ils avaient entraîné les peuples étrangers hors de leurs territoires, conduisant leurs familles avec eux vers l’Egypte. Ils vinrent eux-mêmes sur leurs jambes vers le brasier dont le feu consume les impuretés, le cœur vaillant de Sa Majesté fut terrible comme Baal dans le ciel, tous ses membres remplis de force victorieuse se mettant à frapper. en son poing, les multitudes à sa droite et à sa gauche se dispersent d’elles-mêmes, lui-même est comme une flèche parmi eux pour les tuer, son bon glaive (en main) il est puissant comme son père Amon. Kapur vint s’incliner dans l’état d’un aveugle, il posa ses armes à terre ainsi que ses soldats, il poussa un cri vers le ciel dont il implora le fils, enlaçant ses pieds et ses mains. Debout en sa place était le dieu, celui qui connaît leurs pensées, Sa Majesté pesa sur leur tête comme une montagne de granit ; étendus inertes, abattus sur la terre, le sang inonde leur place, leurs (guerriers sont renversés sur) les lieux qu’ils ont foulés.… 1l est massacré, tué, ses deux bras attachés comme un oiseau ; il est étendu sur le sol sous les pieds de Sa Majesté qui est comme Mentou vainqueur et dont les jambes sont sur sa tête ; ses généraux sont massacrés devant lui par sa main. Joyeux de ses plans, ses projets s’étant accomplis devant lui par son commandement, son cœur se rassérène, il est comme un lion ravisseur qui étourdit les animaux par son rugissement, le roi du Midi et du Nord, le fils

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