‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 52 sur 137 · LES-GENS DU NORD · texte numérisé non relu

LES-GENS DU NORD

A. Mariette.)

après

FIG. 8r-

» 4° Le prisonnier suivant est un Shardana de la mer, avec une barbe en pointe, un visage allongé, un casque formé d’une calotte conique surmontée d’une boule accompagnée de deux cornes. Ce peuple apparaît en Egypte dès la xIx° dynastie et Ramsès IT avait formé un corps d’élite des prisonmiers faits parmi ces étrangers. La qualification de gens de la mer qui leur est donnée traduit le nom grec de Pélasge. Les Shardanes étaient évidemment des habitants de l’Archipel et des côtes de la mer Egée ; une partie d’entre eux s’étaient installés en Lydie où ils fondèrent Sardes pendant qu’un autre groupe allait coloniser la Sardaigne.

» 5° Le principal des ennemis Shakalasha. Bien que la fin du nom soit détruite, il n’y a nulle difficulté à le compléter, le type ethnographique du personnage étant bien connu. La figure est semblable à celle du captif précédent, mais la coiffure diffère : au lieu d’un casque, c’est un grand bonnet cylindrique tombant en arrière et qui rappelle le bonnet grec actuel. On retrouve le nom de Shakalasha dans celui de la ville de Sagalassos en FE et dans celui des Sicules ou Siciliens.

» 6° Ensuite vient un Tursha de la mer. La partie 24 de son casque est brisée. Ce peuple pélasgique, plus rarement cité par les Egyptiens que les précédents, avait conquis la partie méridionale de l’Asie Mineure où il fonda Tarse en Cilicie et laissa son nom au Taurus. Entraînés plus tard vers l’Occident, les Tursha bâtirent Turris sur les côtes de Sardaigne et peut-être Taurasia (Turin) au pied des Alpes ; ils donnèrent naissance aux Etrusques.

» 7° Le dernier personnage a le visage caché par le mur ptolémaïque qui rejoint le pylône, il ne reste de son nom, que ie principal des ennemis P..., qu’on doit probablement compléter en Pulasta. D’autres monuments montrent ces derniers Joints aux Djakari et portent une coiffure semblable. On les a assimilés aux Philistins que la Bible dit être venus de l’île de Crête (27). »

Ces grands événements, révélés par la découverte de Champollion, n’ont été connus longtemps que par les seuls documents égyptiens. Mais, depuis quelques années, les fouilles archéologiques dans les différents pays du bassin oriental de la Méditerranée ont apporté la lumière ‘sur ce qui s’est passé derrière « l’autre front ». Après avoir décrit la période des invasions achéennes et montré comment les populations venues du Nord avaient été transformées sous l’influence de la civilisation qui rayonnait de Crète, un livre récent dépeint comme suit l’invasion dorienne en 1200, c’est-à-dire, précisément à l’époque de Ramsès III : « À force de se disperser, les Achéens s’étaient dangereusement affaiblis. En se portant sur toutes les côtes de la Méditerranée orientale, ils laissaient bien des vides derrière eux. Peu à peu des bandes de même race, parlant un dialecte de la même langue, sortaient de l’Illyrie et se glissaient à travers le Pinde, poussant toujours plus loin vers le Midi. Les Doriens entraient dans l’histoire.

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