‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 57 sur 137 · à ne · texte numérisé non relu

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FIG. 86. (Phot. Gaddis.) ToMBEAU DE NEFERTARI. La déesse Maat.

sant sa palette et son rouleau de papyrus, mit par écrit tout ce que disait Sa

Majesté le roi lui-même » :

Prescriptions contre ceux qui volent aux pauvres gens les contributions qu'ils doivent fournir aux brasseries et aux cuisines royales. Ceux qui se rendent coupables de ce méfait, on leur exécutera la loi, ils seront envoyés, le nez

coupé, aux travaux forcés. Défense de voler aux pauvres gens le bois qu'ils viennent livrer au pharaon. (Les contribuables, qui devaient payer l'impôt en nature, s’approvisionnaient en marchandises que les fonctionnaires prévaricateurs venaient réquisitionner chez eux.)

Protection des pauvres gens contre les exactions des soldats, notamment contre ceux qui cherchent à s’approprier les services des esclaves, ou à dérober des peaux.

Prescriptions contre les inspecteurs malhonnêtes qui, de connivence avec des collecteurs de taxes, s’entendent pour partager ce qu’ils ont extorqué.

Prescriptions contre ceux qui, sous prétexte de lever des taxes, volent les produits des champs.

Le roi nomme deux juges chargés de rétablir l’ordre. Je leur ai, dit le roi, montré le chemin de la vie. Je les conduis à la vérité. Je leur donne mes instructions en disant : « Ne vous associez pas avec d’autres, n’acceptez de » récompense de personne ; comment pourriez-vous juger les autres si l’un » de vous se laissait aller à commettre un crime contre la justice ?.. Et, quant » à tout fonctionnaire ou tout prêtre dont on dira : « Il siège au tribunal parmi » les juges et il a commis là un crime contre la justice, » 1l sera passible de la » peine de mort.

L'inscription fée ensuite les largesses du roi qui, apparaissant à son balcon, appelle chacun par son nom et lui jette des présents... Tous s’en vont du palais, chargés de provisions, et personne ne rentre les mains vides dans la cité.

En temps normal, ces interventions législatives n'étaient pas nécessaires. Il suffisait que le roi surveillât et contrôlât de haut la grande machine administrative. Celle-ci, à l’époque du Nouvel Empire particulièrement, comprenait un personnel extrêmement nombreux, et certains pourraient croire que la multiplication des emplois n’a pas été sans influence sur la décadence thébaine.

Pour nous rendre compte de la complexité des rouages administratifs, 1l nous suffit de feuilleter le catalogue des tombes de la nécropole thébaine. Les personnages qui y étaient enterrés énumèrent complaisamment les diverses fonctions qu’ils ont remplies au cours de leur existence. Les titres les plus disparates se trouvent réunis pour un même homme, ce qui montre que ces énumérations sont bien plus un « curriculum vitae » que la preuve d’une étrange diversité de fonctions.

Parfois des scènes sculptées et peintes nous permettent de nous faire une idée de la physionomie que présentaient les bureaux. Un personnage de l’époque de Meneptah, du nom de Thay, était « scribe des dépêches du roi ». C'était, en somme, le secrétaire du département des affaires étrangères. Dans la cour de sa tombe (n° 23), au mur Est, côté Sud, un bas-relief très curieux représente le bureau où travaillait le grand personnage. Dans une première salle, le chef de service écrit tandis que ses employés rangés à droite et à gauche

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