‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 68 sur 137 · ANUS NU · texte numérisé non relu

ANUS NU

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être d’un caprice de la reine, dont le creusement fut célébré par les scarabées commémoratifs. Leur inscription dit : « Sa Majesté ordonna de faire pour la grande épouse royale Tiyi, un lac de 3,700 coudées de long sur 300 de large. Le seizième jour du troisième mois de la première saison, Sa Majesté célébra la fête de l’inauguration du lac, sur lequel elle navigua dans la barque royale appelée splendeur d'Aten. »

Si les palais des rois ont disparu, quelques temples nous restent.

Mais, actuellement, ils ont perdu la majeure partie de leur décoration, et leurs ruines ne nous donnent plus qu’une idée extré-.

mement effacée de la splendeur qu’ils avaient à l’époque de leur achèvement. La stèle d’AménophisIll, que nous avons utilisée déjà souvent, disait du temple funéraire « qu'il était de pierre mais entièrement rehaussé d’or, au pavement d'argent, au portail d’électrum».

Le troisième pylône du temple de Karnak, d’après la même source, étaitcomplètement relevé d’or. L’image du dieu, sous la forme d’un bélier, était incrustée en lapislazuli, en or et en pierres précieuses. Avant la découverte du tombeau de Toutankhamon on lisait ces descriptions avec une pointe de scepticisme ; o peut croire désormais qu’elles ne sont aucunement exagérées. |

Au cours des déblaiements du temple de Medinet Habou, on a trouvé des plaquettes en faïence multicolores qui, autrefois, étaient incrustées dans le

FIG. 106. (Phot. Gaddis.) MEDINET HABOU.

Sous le portique du Palais.

CHAPIIRE EXT PEEUXE PUBBIGIEMLE LUXE PRIVÉ

grès des murs. D’immenses inscriptions composées de petits hiéroglyphes en émail formaient des mosaïques merveilleuses.

Les bas-reliefs eux-mêmes qui, maintenant, nous semblent parfois monotones, étaient entièrement coloriés. À quelques endroits, par exemple sous le

portique Sud de la première cour de Medinet Habou, certaines parties des plafonds et des murailles ont conservé leurs cou-

leurs assez fraîches

pour nous faire comprendre quel était l’aspect du monument lorsqu'il était intact (fig. 106). |

Alarichesse de l’édifice s’ajoutait l’extraordinaire éclat du

mobilier sacré. Les

accessoires du culte étaient d’une extrême diversité comme onen jugera par l'examen attentif d’un grand bas-relief de Thoutmès III, au Nord du sanctuaire des barques de Karnak. Le roi est à gauche, levant une sorte de casse tête pour toucher, d’un geste consacré par le rituel, tous les objets qu’il

FIG. 107. (Phot. W. Wreszinski.) TOMBEAU DE THANOUNY. Les objets précieux.

présente à Amon. Ceux-ci sont disposés en une série de registres, dont dix sont plus ou moins complètement conservés. C’est là que sont gravés ces obélisques et ces grands mâts dont il a été question plus haut. On peut distinguer sans peine des coffres, des autels, des tabernacles, des statues avec les ornements qui leur sont destinés et une infinité de vases de formes parfois très compliquées. D’après les inscriptions, la plupart de ces objets mobiliers étaient en or, en argent, en bronze, en pierres précieuses, spécialement en lapis-lazuli.

Au troisième registre, contre le sceptre qu’Amon tient à la main, on remarquera une série de vases ; l’un d’eux imite très exactement un calice de lotus bleu. L'inscription nous dit qu'ils ont été exécutés par Sa Majesté «suivant le désir de son propre cœur ». Pouvons-nous en déduire que le roi s’était occupé directement de la fabrication de ces objets ? C’est vraisemblable, car Menkheperra-seneb, haut personnage contemporain de Thoutmès III, avait fait représenter sur les murs de son tombeau (n° 86) les ateliers du temple d’Amondontil avait la surveillance. Malgré les mutilations, on distingue encore les forgerons. et les orfèvres à l’œuvre.

On voit peser sur une balance les matières devant servir à la fabrication de divers objets. Une inscription déclare que Menkheperraseneb «surveillait le travail que les ouvriers,enlapis-lazuli et en malachite véritable exécutaient pour Sa Majesté suivant les désirs de son cœur ». À Karnak, à côté de repré- ER dre Ne prince RS PME Rem ne de V2 il y a l'indication

(or, lapis-lazuli, malachite ». Il semble bien que, de part et d’autre, il s’agit des mêmes objets, représentés d’abord entre les mains des ouvriers d’art, puis au moment où le roi les consacre au dieu.

Au tombeau dit des Graveurs (n° 181) nous sommes introduits dans l’atelier des orfèvres occupés à ciseler un sphinx, un vase ; à monter un naos orné de nœuds isiaques et de dad comme le catafalque de Toutankhamon.

C’est dans ces ateliers que les rois faisaient exécuter les vases précieux qu’ils

TOMBEAU DE NEFERTARI.

(Phot. Gaddis.)

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