‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 74 sur 137 · HET · texte numérisé non relu

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grands monuments ne cessait de croître. Le roi qui accédait au trône voulait rivaliser avec ses prédécesseurs par les dimensions et le faste des constructions.

Actuellement, 1l est difficile de se faire une idée juste de l’aspect que présentaient autrefois la cité des vivants sur la rive droite, et celle des morts de l’autre côté du Nil. Pleins d’admiration pour les ruines gigantesques, nous oublions qu’elles ne constituent qu’une infime partie des monuments qui s’élevaient à Thèbes et dont la plupart ont disparu au cours des siècles. Une comparaison surgit à l’esprit : d’une immense forêt, il ne resterait plus à la surface du sol, après le passage des bûcherons, que quelques géants mutilés. Nous les connaissons, ces bûcherons de l’histoire, qui ont sévi pendant des siècles dans la plaine et la montagne thébaines ; nous ferons bientôt le bilan de leur œuvre néfaste. En quelques endroits, ils ont réussi à faire disparaître à peu près complètement des édifices aux proportions fantastiques. Il y a peu d’années, les fouilles du Metropolitan Museum de New-York ont découvert, dans la région d’El Asasif, les fondations d’un temple de la xx° dynastie construit exactement sur le plan du grand temple de Medinet Habou, mais dont les dimensions étaient encore plus considérables. Il a été démoli pierre par pierre, et, si les ouvriers qui l’exploitaient n’avaient pas eu à leur portée des matériaux plus aisés à transporter, il est probable que les fondations elles-mêmes eussent été arrachées du sol. Aussi, lorsque nous admirons les monuments qui survivent, ne pouvons-nous pas oublier tant d’édifices qui dépassaient peut-être en grandeur et en perfection ces temples dont les ruines sont encore si majestueuses. C’est par l’étude de ces derniers que nous devons arriver à un jugement d’ensemble sur les créations des grands architectes.

Sur la rive gauche du Nil, on aperçoit de bien loin le cirque de Deir el Bahari, cirque merveilleux, dont les rochers s’élèvent à près de 200 mètres de hauteur. Les architectes égyptiens de la xI° dynastie devinant le parti

* qu’on en pouvait tirer, y créent un impressionnant « campo santo ». Malheu-

reusement, ce coin de la nécropole a été si bouleversé pendant des siècles, qu'il est malaisé d’imaginer quel aspect il présentait alors. Le mieux est

FIG. 1122, (Phot. Gaddis.) DEIR EL BAHARI. Temple d’Hatshepsout.

peut-être d’escalader la montagne par le petit sentier qui mène à Biban el Molouk et de se placer exactement au-dessus du temple des Mentou-Hotep. De là on voit clairement comment les architectes ont assis leurs constructions sur une esplanade en partie creusée dans la montagne.

Au centre s’élevait une pyramide dont on voit la base entourée d’une infinité de tronçons de colonnes. On accédait à la terrasse par une rampe en pente douce qui s’élevait entre deux portiques adossés au mur de soutènement de la partie centrale de l’édifice. De notre observatoire élevé, nous distinguerons une grande avenue qui allait rejoindre la lisière de la région désertique. Actuellement, elle est coupée par de vastes tombes de l’époque saïte. Aux temps pharaoniques, elle était plantée d’arbres d’un bout à l’autre et elle venait déboucher dans un jardin. On reconnaît nettement les cavités, autrefois remplies de terre végétale, qui avaient permis de transformer ce coin de désert en un véritable paradis. Sous les grands arbres, étaient disposées des statues représentant le roi qui jouissait là, à l’ombre, des offrandes préparées à son intention. Tout autour, à mi-hauteur entre la plaine et le sommet de la montagne,

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