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CHAPITRE XII. LE SOUFFLE DES RÉVOLUTIONS

mesure le grain «pour tous dieux avec une mesure strictement remplie, pour Aten, les boisseaux sont pleins à déborder ».

Dès l’an IV, probablement, la lutte prend un caractère aigu. Le roi abandonne Thèbes pour créer une nouvelle capitale consacrée au dieu Aten qui va devenir l’objet unique du culte, non seulement pour les Egyptiens mais, théoriquement, pour les habitants du monde entier.

Amon doit disparaitre : on brise ses sta- FIG. 145. (Phot. V. de Mestral-Combremont.) KARNAK.

trui Relief d’Hatshepsout mutilé.

tues, on détruit ses elie atshepsout mutilé images dans les reliefs et, partout où son nom se trouve gravé ou peint, il faut

. le marteler ou l’effacer. En même temps on mutile la plupart des représentations

des autres divinités, ainsi que nous l’avons déjà constaté à Deir el Bahari. Qu'on observe particulièrement le groupe des piliers de ce temple représentant le roi embrassé par Amon. À côté d’une image merveilleusement sculptée de Thoutmès II ou de T'houtmès III, on verra que l’Amon est le plus souvent une simple silhouette, sommairement indiquée sur un fond où apparaissent encore les traces

du martelage qui a fait disparaître le relief primitif (fig. 146). C’est le résultat

de la restauration dont nous parlerons plus loin.

Au portique de Pount, le dernier épisode de la fameuse expédition était la cérémonie au cours de laquelle la reine brûlait, devant la barque d’Amon, cet encens frais que le dieu avait réclamé et que l’on était allé chercher si loin. La barque tout entière, avec les figures des prêtres qui la portaient, a été si minutieusement martelée qu’il est relativement facile d’en apercevoir encore les formes générales se détachant sur le fond resté intact.

Au temple de Louxor, dès que l’attention a été attirée sur ce fait, 1l est aisé de voir que les images d’Amon sont gravées à nouveau à quelques millimètres de profondeur sur le plan ancien du relief.

À Karnak, lorsque la lumière est favorable, on peut étudier aisément les

Figure restaurée d’Amon.

(Phot. J. Capart.) DEIR EL BAHARI.

mutilations et les restaurations des Amon sur l’obélisque Sud d’Hatshepsout,étendu maintenant sur le sol (fig. 147).

Dans une des petites chambres au Sud du sanctuaire des barques, là où se trouve l'escalier, on surprend sur le fait l’œuvre des iconoclastes. Un roi du commencement de la XVIIIe dynastie, Aménophis IT, s’était fait représenter assis à côté d’Amon. Les destructeurs aux ordres d’Aménophis IV ont respecté l’image du roi et fait disparaître complètement du groupe celle du dieu.

Mais le nom, qui est une espèce d’âme, a une vie particulière qu’il faut également éteindre : on est monté au sommet des obélisques, descendu au fond des puits funéraires; on a escaladé des pyramides pour aller effacer le mot Amon partout où il était possible de l’atteindre, même là où les

yeux des mortels ne pouvaient le

lire. La disgrâce d’Amon atteint également les autres divinités. En visitant les tombes thébaines, on n’hésitera pas à dater un monument de la xvIIIe dynastie dès

qu’on s’apercevra que les hiéroglyphes I -__ (Amon) ont été mutilés. Au tombeau de Nakht (n° 52), dont les peintures sont d’une conservation exceptionnelle, il manque seulement le nom d’Amon dans les titres du propriétaire et de sa femme, et cela dans les scènes de sacrifices, de chasse et dans les inscriptions de la stèle devant laquelle s’avancent les serviteurs chargés d’offrandes. Il est bien clair que quelqu'un est entré ici avec l’intention d’effacer le nom d’Amon, sans rien abîmer des représentations funéraires.

Le travail n’a pas toujours été exécuté avec le même soin ; on a parfois détérioré une partie de la muraille en exerçant cette censure ; d’autres fois, on peut constater la hâte et le manque de discernement de ceux qui ont été chargés

sculpte de nouvelles

abîmées, on com-

temple d’Aten à Kar-

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