LA EN FES
. KARNAK. LES OBÉLISQUES DE THOUTMES Ier ET D’HATSHEPSOUT.
(Phot. Gaddis.)
mais : « Comme c’est bien elle, digne de son père Amon... » Et le plus extraordinaire, c’est que c’est vrai.
Il faut aller voir à quelques mètres vers le Sud le piédestal du second obélisque, qui pèse à lui seul 56,732 kilogrammes. La pointe de cet obélisque n’est plus qu’un fragment de 6 mètres, mais 1l pèse 60,000 kilogrammes, et quand on frappe la pierre, elle rend un merveilleux son de cloche. Legrain racontait avec beaucoup d’orgueil que le jour où il avait réussi à déplacer ce bloc au cours de ses travaux, un touriste qui avait suivi de près la manœuvre était venu lui dire : « C’est très bien travaillé, et je m’y connais, car je transporte des maisons en Amérique ! »
Dans cet espace limité, 1l y avait six grands obélisques ; combien y en avait-il dans Karnak ? Derrière le promenoir de ThoutmèsIII, on peut voir deux immenses bases d’obélisques enfermées au milieu de constructions. Devant le VII pylône il y avait encore deux obélisques de Thoutmès III. Le socle de celui de l'Est porte un morceau de la partie inférieure du monolithe. Si l’on devait calculer ses dimensions d’après les fragments retrouvés au cours des déblaiements récents, on pourrait supposer qu'il avait plus de 51 mètres de haut. M. Pillet estime que sa hauteur devait atteindre 46 ou 48 mètres et son poids 350,000 kilogrammes.
Les inscriptions de l’obélisque qui se dresse actuellement à Rome, devant la basilique du Latran, racontent que cette aiguille de pierre commencée par Thoutmès III resta couchée sur le sol pendant trente-cinq ans dans la partie Sud de Karnak ; c’est Thoutmès IV, successeur d’Aménophis II, qui reprit les travaux, arrêtés peut-être par un accident, afin d’ériger l’obélisque à la mémoire de Thoutmès III. Au temple de Mentou existent également deux grandes bases d’obélisques.
Il semble qu’en règle générale les obélisques précédaient l’entrée du temple. C’est ainsi qu'il y a moins d’un siècle on en voyait deux devant le pylône de Louxor. Actuellement, un seul reste en place ; l’autre, offert à Louis-Philippe par Mohammed-Ali, se dresse sur la place de la Concorde à Paris. L’obélisque resté a Louxor et dont toute la partie inférieure est encore recouverte de débris, mesure 25 mètres de haut et pèse 250,000 kilogrammes. Si l’on examine la partie supérieure de la base de l’obélisque enlevé, base qui a été laissée sur place, on remarque une longue rainure qui s’étend d’une extrémité à l’autre tandis que plusieurs petites encoches sont disposées perpendiculairement à la rainure. Il est permis de supposer que ce dispositif étrange était destiné à faciliter le placement de l’obélisque sur son socle.
Quand on a vu ces aiguilles de pierre et réfléchi à leurs dimensions, à leur poids, on ne peut s’empêcher de se demander comment se sont effectués le transport et l’érection de telles masses? Lorsque les ingénieurs, à l’époque moderne, eurent à les transporter et à les dresser sur les places des grandes villes
KARNAK. HUITIÈME PYLONE.
(Phot. Gadïäis.)
d'Europe et d’Amérique, ils firent appel à toute leur ingéniosité pour mener à bonne fin ces travaux difficiles. On a écrit bien des choses à ce sujet, et les auteurs ont cherché à découvrir de quelle manière les anciens Egyptiens s’y étaient pris.
Les indications de source égyptienne sont peu nombreuses. Sur la rive gauche du Nil, au portique inférieur Sud du temple de Deir el Bahari, une succession de tableaux en basrelief, malheureusement mutilés, montre de quelle manière la reine Hatshepsout a fait transporter deux obélisques des carrières de granit jusqu’à Thèbes. Sur un immense bateau sont posés, bout à bout, les pointes vers l'extérieur, deux grands obélisques encore fixés sur les traîneaux qui | ont servi à les faire glisser FIG. Is. (Phot. de S. M.la ROUE Élisabeth.) KARNAK. de la carrière jusqu’au Nil.
Restes du colosse d’Aménophis III. HET pas fallu moins de toute une flottille constituée de trois rangées de neuf bateaux pour entraîner le grand chaland. Chaque série de bateaux à rames est précédée d’un pilote qui dirige la navigation. S’il faut en croire le relief, il y aurait eu huit cent dix rameurs. La vue de ces bas-reliefs fait surgir aussitôt l’idée du colossal et on se demande avec curiosité quelles pouvaient être les dimensions de tout cet équipage. Malheureusement, dans l’inscription qui commente cette scène les mesures du bateau et celles des obélisques sont effacées. Mais nous savons par la biographie d’un architecte égyptien, que le transport d’un obélisque de Thoutmès Ier exigea un bateau de 63 mètres sur 21.
Le texte de Deir el Bahari nous dit qu’une levée d’hommes et la corvée ont permis le rassemblement des ouvriers nécessaires à la construction du bateau pour lequel on a pris le meilleur bois venu des pays étrangers. Il décrit ensuite la joie de la population à l’arrivée des obélisques à Thèbes. Un bas-relief d’une remarquable finesse d’exécution nous montre la fête célébrée par les équipages des bateaux.
Généralement, les tableaux qui représentent la dédicace des obélisques ne
dèle de M. Engelbach est certaine-
pas encore au point et la généralisation
il semblerait qu’un
pas interdit de