‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 12 sur 456 · ACTE I, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL

J'espère toutefois qu'un cœur si magnanime i4o

Ne sacrifîra point les pleurs des malheureux

Aux intérêts du sang qui vous unit tous deux.

Vous devez à ces mots reconnoître Pharnace.

C'est lui, Seigneur, c'est lui dont la coupable audace

Veut, la force à la main, m'attacher à son sort i45

Par un hymen pour moi plus cruel que la morL

Sous quel astre ennemi faut-il que je sois née?*

Au joug d'un autre hymen sans amour destinée,

A peine je suis libre et goûte quelque paix,

Qu'il faut que je me livre à tout ce que je hais. i5o

Peut-être je devrois, plus humble en ma misère,

Me souvenir du moins que je parle à son frère.

Mais, soit raison, destin, soit que ma haine en lui

Confonde les Romains dont il cherche l'appui.

Jamais hymen formé sous le plus noir auspice i55

De l'hymen que je crains n'égala le supphce.

Et siMonime en pleurs ne vous peut émouvoir.

Si je n'ai plus pour moi que mon seul désespoir,

Au pied du même autel où je suis attendue.

Seigneur, vous me verrez, à moi-même rendue, i6o

Percer ce triste cœur qu'on veut tyranniser,

Et dont jamais encor je n'ai pu disposer.

XIPHARÈS

Madame, assurez-vous de mon obéissance; Vous avez dans ces lieux une entière puissance. Pharnace ira, s'il veut, se faire craindre ailleurs. i65 Mais vous ne savez pas encor tous vos malheur.

MONIME

Hé! quel nouveau malheur peut affliger Monime, Seigneur?

nommant. L'autre veut dire : je crains de vous nommer, donc je ne vous nomme pas, du moins j'hésite.

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