‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 254 sur 456 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PHÈDRE, seule.

Il sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille?

Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveille?

Quel coup de foudre, ô ciel! et quel funeste avis! iigS

Je volois toute entière au secours de son fils ;

Et m'arrachant des bras d'Œnone épouvantée,

Je cédois au remords dont j'étois tourmentée.

Qui sait même où m'alloit porter ce repentir?

Peut-être à m'accuser j'aurois pu consentir; 1200

Peut-être, si la voix* ne m'eût été coupée,

L'affreuse vérité me seroit échappée.

Hippolyte est sensible, et ne sent rien pour moi!

Aricie a son cœur I Aricie a sa foi !

Ah, Dieux! Lorsqu'à mes vœux l'ingrat inexorable i2o5

li Voix i pour parole i

ÀctÈ lY, SCÈNE VI.

S'armoit d'un œil si fier, d'un front si redoutable,

Je pensois qu'à l'amour son cœur toujours fermé

Fût contre tout mon sexe également armé.

Une autre cependant a fléchi son audace ;

Devant ses yeux cruels une autre a trouvé grâce. 1210

Peut-être a-t-il un cœur facile à s'attendrir.

Je suis le seul objet qu'il ne sauroit souffrir;

Et je me chargerois du soin de le défe^idre?

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