UNE REPRÉSENTATION D' « ESTHER
<i Nous y allâmes samedi* (à Saint-Gyr), Mme de Coulantes " Mme de Bagnols, l'abbé Têtu et moi. Nous trouvâmes nos places gardées. Ijn officier dit à Mme de Goiilanges que Mme de Main tenon lui faisoit garder un siège auprès d'elle, vous vovez quel honneur. « Pour vous, madame, me dit-il, vous pouvez choisir » ' Je me mis avec Mme de Bagnols au second banc derrière les duchesses. Le maréchal de Bellefonds vint se mettre, par choix, a mon côté droit, et devant c'étoient Mmes d'Auvergne, de Coislin de Sully. Nous écoutâmes, le maréchal et moi. cette tragédie avec une attention qui fut remarquée, et de certaines louan-es sourdes et bien placées, qui n'étoient peut-être pas sous les fontanges de toutes les dames. Je ne puis vous dire l'excès de l'agrément de cette pièce : c'est une chose qui n'est pas aisée à représenter, et qui ne sera jamais imitée; c'est un rapport de la musique, des vers, des chants, des personnes, si parfait et si complet, qu'on n'y souhaite rien; les filles qui font des rois- et des personnages sont faites exprès : on est attentif, et on n'a point d'autre peine que celle de voir finir une si aimable pièce • tout y est simple, tout y est innocent, tout v est sublime et touchant : cette fidélité de l'histoire sainte donne du respecttous les chants convenables aux paroles, qui sont tirées de^