SCÈNE II
ZACHARIE, JOSABET, SALOMITH, le Chœur.
JOSABET.
Mais que vois-je? Mon fils, quel sujet vous ramène? Où courez-vous ainsi tout pâle et hors d'haleine ?
ZACHARIE
0 ma mère !
JOSABET.
Hé bien, quoi?
ATHALIE
ZACHARIE
Le temple est profané.
JOSABET.
Comment ?
Et du Seigîi;5ar 1 autei aL-andonné.
JOS-IBET.
Je tremble. Hàtez-vous d'éclaircir votre mère.
ZACHARIE
Déjà, selon la loi, le grand prêtre mon père,
Après avoir au Dieu qui nourrit les humains 385
De la moisson nouvelle offert les premiers pains.
Lui présentoit encore entre ses mains sanglantes
Des victimes de paix les entrailles fumantes.
Debout à ses côtés le jeune Éliacin
Comme moi le servoit en long habit de lin* ; Sgo Et cependant du sang de la chair immolée Les prêtres arrosoient l'autel et l'assemblée 2. Un bruit confus s'élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits.
1. Il est dit de Samuel : Minisf rabat anfe faciem Domini, piier^ accinctus epliod lineo. {Sam., I, 2, 18.) « Il servait devant le Seigneur vêtu de Véphod de lin. » Joas a été caché sous la robe de lin du lévite.
2. « Racine s'est trompé ici sur les rites. On n'arrosait point l'assemblée du sang de la victime. Le prêtre trempait simplement un doigt dans le sang, et en faisait sept aspersions devant le voile du sanctuaire; il en frottait les cornes de l'autel, et répandait le reste au pied du même autel. L'auteur a confondu avec le rite judaïque ce qu'il avait lu dans le xxiv chapitre de VExodc. où il est dit que Moïse fitl'as' persion du sang de 1^ victime sur le peuple assemblé; mais il n'y avait point encore de rite ni de cérémonies légales. » {Sentiments de i Académie.)