ACTE I, SCENE I
AGAMEMNON
Heureux qui satisfait de son humble fortune, lo
Libre du joug superbe où je suis attaché,
Vit dans l'état obscur où les Dieux l'ont caché !
Et depuis quand, Seigneur, tenez-vous ce langage?
Comblé de tant d'honneurs, par quel secret outrage
Les Dieux, à vos désirs toujours si complaisants, i5
Vous font-ils méconnoitre et haïr leurs présents?
Roi, père, époux heureux, fds du puissant Atrée,
Vous possédez des Grecs * la plus riche contrée.
Du sang de Jupiter issu de tons côtés ^,
L'hymen vous he encore aux Dieux dont vous sortez s. 20
Le jeune AchiUe enfin, vanté par tant d'oracles*,
AchiUe,. à qui le ciel promet tant de miracles,
Recherche votre fille, et d'un hymen si beau
Veut dans Troie embrasée allumer le flambeau.
Quelle gloire. Seigneur, quels triomphes égalent
Le spectacle pompeux que ces bords vous étalent,
Tous ces mille vaisseaux, qui chargés de vingt rois.
N'attendent que les vents pour partir sous vos lois?
Ce long calme, il est vrai, retarde vos conquêtes;
n'entend aucun bruit du côté d'Aulis et que tes gardes sont encore immobiles à leur poste sur les murs. ,